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Agression des travailleurs en forêt, les forestiers franciliens sont très touchés

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Le 26 avril 2022, la filière forêt-bois publiait une tribune dans « l’Obs » alertant sur les agressions régulières commises à l’encontre des forestiers et citant des exemples en Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine. Malheureusement, les forestiers franciliens subissent quotidiennement des violences. Les agences de l’ONF en Île-de-France condamnent ces faits et tirent la sonnette d’alarme.

Il y a des régions où la forêt cristallise les passions et l’Île-de-France est de celles-là. Au cœur d’un territoire densément urbanisé, les forêts publiques gérées par l’ONF accueillent chaque année 80 millions de franciliens qui s’y détendent, s’y baladent, y pratiquent une activité.

Il n’est pas rare que les opérations sylvicoles (coupes, travaux) mettent le public en émoi. Promeneurs, riverains ou associations réagissent parfois violemment contre ces interventions alors qu’elles arrivent à des moments clés et participent à la vie des forêts. Si les craintes sont légitimes, et les interrogations normales, il n’est malheureusement pas rare de voir les forestiers subir critiques, insultes violentes et autres agressions physiques. Sans oublier, les engins forestiers coûteux qui subissent des saccages : câbles coupés, moteurs bouchés, pneus crevés, vitres cassées ou tagguées…

Face à ce constat, l’ONF d’Île-de-France a lancé une enquête interne fin mars auprès de ses forestiers pour qualifier et quantifier l’état de leurs relations avec les usagers des forêts publiques.

 

UN CONSTAT ÉDIFIANT ET INQUIÉTANT EN ÎLE-DE-FRANCE

 

Ressentez-vous une pression de la société pour faire évoluer vos pratiques ? Avez-vous déjà été témoin ou victime d’une altercation avec des usagers ? Quelle était l’origine de cette altercation ? etc… Autant de questions posées aux 230 agents des forêts gérées par l’ONF en Île-de-France, avec l’objectif de mesurer l’ampleur du phénomène au sein de l’établissement tout en accompagnant les agents touchés.

Les enseignements sont alarmants car 88% des répondants déclarent avoir déjà été témoins ou victimes d’une altercation dans l’exercice de leurs fonctions, voire en dehors de leur cadre professionnel.

Les altercations prennent différentes formes :

45% ont subi des reproches verbaux : « J’aurais honte de faire votre métier », « vous êtes inutiles ».

22% ont connu des insultes orales ou écrites : « assassins, criminels, bons à rien, allez crever, pilleurs ».

19% ont assisté à des dégradations du matériel professionnel et du mobilier d’information (tags et crachats sur panneaux, coup de cutter et tournevis sur le mobilier, pneus crevés, etc.)

10% ont été physiquement pris à partie.

Enfin, questionnés sur les raisons de ces altercations, les forestiers font les mêmes retours : les coupes d’arbres jugées injustifiées que ce soit pour l’exploitation comme pour raisons sanitaires, ou la remise en question de la pratique de la chasse pourtant nécessaire en l’absence de prédateurs limitant la pression du gibier sur la pousse des jeunes arbres.

DES SIGNAUX FORTS À L’ORIGINE DE CETTE ENQUÊTE

 

Des agents témoignent de violences commises à l’encontre de forestiers.

> Des dégradations constatées sur le matériels et les arbres

> Entre 2021 et 2022, quatre engins de chantier ont subi des détériorations irréparables : câbles de frein coupés, pots d’échappements remplis de terre, moteurs noyés. D’autres subissent des dégradations régulières : tags, inscriptions haineuses, pneus crevés…

> Certaines grumes sont « piégées » par des pièces en métal ce qui génère un danger pour le bûcherons et les scieurs et nuit à la gestion durable.

> Cet été 2022, un usager pris sur le fait par des forestiers alors qu’il taguait des panneaux d’information comparaitra en justice.

« Dans la même semaine mon chef d’équipe s’est fait insulter, j’ai retrouvé mon véhicule personnel vandalisé et enfin un passant est venu vers moi pour cracher à mes pieds sur un panneau ONF, accusant l’établissement d’être un voyou »

« Lorsque nous constatons de petites infractions ou faisons des rappels au code forestier dans le but de sensibiliser le public sur les cueillettes de champignons ou de muguet par exemple, nous marchons sur des œufs de peur de recevoir un torrent d’insultes ou des récriminations à notre égard »

« Sur les chantiers, les usagers nous insultent en passant, on entend souvent allez crever, vous êtes des…, vous êtes des assassins ».

« Une dame m’a appelé pour m’inciter à me suicider ».

« Toutes les classes de la société sont représentées par ces comportements, promeneurs jeunes à personnes âgées, mère avec des enfants, père avec des enfants… Souvent pendant ce comportement agressif des parents j’ai remarqué de la peur sur les visages de leurs enfants. »

L’ONF FAIT PART DE SON INDIGNATION

 

Ces violences vont à l’encontre du rôle des forestiers qui répondent aux attentes actuelles de la société (écologiques, sociétales, récréatives, économiques, climatiques) tout en veillant à conserver ce patrimoine forestier pour les générations futures. Quand la violence se radicalise et que le dialogue devient impossible alors il y a lieu de s’inquiéter. Si le débat d’idée est légitime, rien ne peut justifier ces attaques et menaces qui mettent en danger les forestiers et pèsent sur leur moral. L’ONF condamne très fermement ces actes.

APRÈS LES FORESTIERS, QUESTIONNER AUSSI LES FRANCILIENS

 

Faisant écho à la tribune récemment publiée et à la volonté de la filière « de poursuivre le dialogue avec la société pour une compréhension partagée », l’ONF mène en ce moment en Île-de-France une enquête confiée à l’institut Viavoice auprès des franciliens. Ce travail vise à mieux identifier leurs usages en forêt, ce qu’ils ressentent quand ils s’y promènent, ce qu’ils attendent de ces espaces naturels publics et de ceux qui les gèrent. L’ONF et ViaVoice présenteront en juin les résultats. Ce sera l’occasion de mettre en perspective les attentes des usagers, leur rapport à la forêt, et les perceptions des forestiers. Deux populations qui manifestent une même passion pour la forêt mais dont les visions s’opposent parfois durement.

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