Accueil » 3e Edition – Abbaye cistercienne de Chéhéry (08) – filière Forêt-Bois

Abbaye cistercienne de Chéhéry (08)

Restauration de la charpente

> Description :

“Ora et Labora” : au-delà d’un lieu de prière, une abbaye était avant tout un domaine productif agricole, voire industriel (forges, verreries, …), et il n’est pas aisé de se représenter aujourd’hui ce fonctionnement de l’Ancien-Régime. Afin de ne pas réduire le lieu à sa seule architecture, et de révéler au visiteur l’authenticité matérielle et immatérielle du site, le projet envisagé s’attachera non seulement à la restauration du monument, mais aussi de son système productif : replantation des vergers et potagers et implantation des équipements de transformation de produits dans les communs, dans l’objectif de les intégrer à la visite.

Dans ce but, un jeune agriculteur Rémy Lété, est en train de s’installer afin d’engager la plantation d’herbes aromatiques et autres. Le comble du commun Nord, dont la charpente fait partie du présent projet, sera utilisé par Rémy comme séchoir pour ses récoltes. Un rucher a été réalisé afin de produire du miel d’abeilles noires et des vignes ont été replantées sur une parcelle en coteau du village pour une première cuvée programmée en 2024.

Accompagnés d’une programmation culturelle variée, ces projets, ouverts, collaboratifs et pédagogiques, permettront de pérenniser le monument au-delà d’un simple aspect touristique, et sont l’opportunité de donner à voir à quel point la nature d’un monument historique redevient plus que jamais pertinente et parfaitement adaptée au monde. A moyen terme, les sources de revenus plus “classiques” (chambres d’hôtes, privatisation, tournages) seront aussi naturellement mises en oeuvre, mais demandent actuellement des investissements plus lourds. 

> Localisation géographique :

Châtel-Chéhéry (08250)

> Le projet - état actuel :

Les bâtiments sont aujourd’hui dans un état critique : quinze années d’infiltrations ont fait des dégâts considérables dans toutes les pièces de l’abbaye, depuis les grands salons du rez-de-chaussée aux chambres à alcôves de l’étage, en passant par les communs dont certaines parties menaçaient de s’effondrer. Si des travaux d’urgence ont permis de stopper la plupart de ces infiltrations, le chantier s’annonce immense :

Dans le bâtiment principal, les intérieurs, la charpente et d’anciens étaiements sont très dégradés (pourrissement des bois). Les planchers en chêne ont nécessité des réparations ou des remplacements partiels dans de nombreuses salles.

Si la première campagne de travaux a consisté à mettre hors péril l’ensemble des structures, la seconde est une campagne de restauration définitive. Les efforts se concentrent aujourd’hui dans le commun Nord, actuellement en travaux : la charpente et la couverture devaient être traitées en priorité en raison du risque d’effondrement important. L’ensemble des fermes de la charpente à la Mansart et les poutres maitresses présentaient des abouts pourris sur tous le côté Nord. Le bâtiment était entièrement étayé.

Les planchers en chêne sont également très altérés et vont être restaurés. Ce bâtiment à la particularité de disposer d’une boulangerie équipée d’une cheminée monumentale avec deux fours du XVIIIe siècle. Son plafond est constitué de puissantes solives en chêne aux sections particulièrement importantes dont les vides étaient remplis de maçonnerie de brique. Avec une finition en plâtre qui masquait la structure, le plafond était ainsi conçu comme un système anti-feu. Certaines de ces solives sont aujourd’hui en partie pourries et doivent être remplacées ou greffées. 

> Le projet– descriptif envisagé ou en cours : Conception / Réalisation :

Le commun Nord était prioritaire en raison de son état de dégradation avancé d’une part et par son importance stratégique en terme de développement économique du site d’autre part. En effet, le bâtiment est destiné à retrouver sa fonction d’origine de production. Il est donc prévu d’installer à l’intérieur des 500m² disponibles, une micro-brasserie, une fromagerie et un atelier de transformation de produits issus de nos propres vergers et potagers.

Les travaux actuels concernent la restauration de la toiture avec une restauration complète de la charpente du XVIIIe siècle par dépose complète des chevrons, redressements des fermes, remplacements ponctuels des sablières, purge des bois pourris et greffes en recherche, remplacement de pièces manquantes, révision des assemblages et du chevillage, repose et complément de chevrons et coyautage à neuf. La couverture sera refaite à neuf en ardoise traditionnelle, avec des gouttières et descentes d’eau en cuivre ainsi que des étanchéités et couvertures des lucarnes en plomb. Préalablement un recalage des corniches et un remaillage des maçonneries d’arases ont été réalisés. L’ensemble des travaux de charpente est réalisé par l’entreprise ATB (Arts et Techniques du Bois) basée à Reims et par des compagnons charpentiers. 

> Quelle est la place du projet dans la transmission des savoir-faire relatifs à la restauration du patrimoine ?

Les entreprises qui travaillent à la restauration de l’abbaye de Chéhéry sont des entreprises du patrimoine qui forment et accueillent des jeunes ouvriers, futurs compagnons pendant leur tour de France.

Le monument, étant ouvert au public et très fortement animé par l’association des amis de Chéhéry, fait l’objet d’une couverture médiatique sur les travaux en cours. Nous communiquons également nous-même via les réseaux sociaux ou les médias afin de mettre en valeur les métiers et la qualité des travaux exécutés. Cette mise en valeur se fait également à travers les visites guidées. Ces dernières se font dans un monument en cours de restauration et nous nous attachons à montrer au public le travail réalisé par les artisans.

Enfin, nous organisons tout au long de l’année de nombreux chantiers bénévoles avec l’association des amis, l’occasion pour de nombreux jeunes de se confronter aux travaux nécessaires à la conservation du patrimoine. 

> Origines géographiques et essences de bois qui seront utilisées :

Le bois utilisé dans le projet de restauration du monument est le chêne pour les charpentes, les structures des planchers et les menuiseries. Le chêne utilisé pour la restauration de la charpente du commun Nord actuellement en cours provient de la Foret d’Orient (scierie Laïolo) dans le département de la Haute-Marne. 

> Enjeux de développement durable :

  1. Le projet de production de denrées alimentaires artisanales en culture bio, et de leur transformation dans les installations de production du commun Nord, s’inscrit dans une démarche d’agriculture saine et durable. 

  2. Le projet se veut à faible impact environnemental en utilisant des matériaux naturels, peu transformés pour la restauration du bâti ainsi que performant sur son installation de chauffage (non réalisée à ce jour) qui va s’orienter vers de la géothermie (étude d’opportunité réalisée avec l’agence de l’Energie). 

> Durée des travaux :

9 mois

> Coût total du programme TTC :

354.839 €

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