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Le bois (a)ménage le littoral

Posted Posted in La Lettre B

Finaliste nationale dans la catégorie Aménagement intérieur ou extérieur, la revalorisation de la plage de la Pointe-Rouge, à Marseille, met le châtaignier et le pin au service de la protection d’un espace littoral.

Au premier plan du nouvel aménagement de la plage de la Pointe-Rouge, la plus grande plage de sable de Marseille, le châtaignier et son aspect chaleureux. Dissimulé et non moins important, le pin en structure. Photos : Clément Guillaume

À Marseille, c’est la plus belle ! Coincée entre le parc du Prado et le port éponyme, la plage de la Pointe-Rouge est l’une des promenades préférées des Marseillais. Protégée des vents, cette grande langue de sable ouvre sur Mare Nostrum1 (Notre mer), à quelques encablures de l’entrée du Parc national des calanques. L’été, le site accueille un public familial populaire, attiré par la mer, les activités nautiques voisines, les cabanons et de nombreux établissements de restauration qui jouxtent, privatisent parfois, l’espace littoral. Un espace que la montée du niveau de la Méditerranée en raison du changement climatique grignote davantage chaque année.

Le châtaignier issu de forêts françaises compose l’ensemble des parties visibles de l’aménagement. Ici, l’escalier central.

Requalification lourde
Propriétaire de l’espace public maritime, l’État a enjoint la municipalité d’assurer la protection de la plage de la Pointe-Rouge. Lourde, cette requalification a nécessité la destruction de certaines terrasses de restaurants, l’amélioration des réseaux d’eaux pluviales et d’eaux usées. Suivra l’installation d’ouvrages sous-marins de protection contre l’érosion.
La municipalité phocéenne a aussi souhaité valoriser la plage, espace public et gratuit, protégée par la loi Littoral de 1986.

Concevoir un autre paysage
Confié à l’agence Mira, le programme était ambitieux : concevoir un aménagement public, urbain et naturel, conciliant les enjeux multiples des habitants, touristes, plagistes, sportifs et restaurateurs, de la ville, de la métropole, de l’environnement ou du patrimoine. Menées par les architectes de l’agence NSL, les études préliminaires ont fixé les éléments constitutifs du projet et la volumétrie des concessions des restaurants sur la plage. À charge pour Mira de dessiner les accès et les continuités piétonnes de la plage et de définir des préconisations pour l’architecture des concessions, ou, dit autrement, proposer un nouveau paysage.

Le nouvel aménagement mène confortablement à la plage surveillée.

Belvédère, gradins, platelage
Dans ce cadre contraint par la géographie, les rigueurs des codes de l’environnement et de l’urbanisme, les habitudes du public, les besoins des commerçants et les assauts de la mer, l’usage du bois s’est naturellement imposé.
Architectes et paysagistes de l’agence marseillaise ont imaginé trois espaces publics : un belvédère surplombant la mer, une volée de gradins liant la plage au quartier de la Pointe-Rouge et une place minérale à l’abri du vent entre port et plage. « Ces espaces de transition se prolongent sur la plage, le long de la façade des cabanons, par un cheminement continu dont la forme fluctue selon l’ensablement », souligne-t-on chez Mira.

 Merveille d’intégration par la découpe des lames de châtaignier faisant écho au flux et au reflux.

Pin et châtaignier
« Nous avons conçu un aménagement en bois démontable sur l’ensemble de la partie plage. Afin d’éviter toute utilisation de bois exotiques, des essences locales ou françaises ont été choisies malgré les multiples sollicitations techniques et contraintes de site. Le châtaignier est utilisé pour l’ensemble des éléments visibles, brut, sans finition, le pin pour les structures. Le projet se glisse dans la singularité du paysage afin de révéler ses fluctuations, l’histoire de traces sans cesse recouvertes, la géographie disparue, la façade des cabanons adaptée par leurs habitants. »
Partie maîtresse du projet, la promenade sur la plage, véritable plancher de charpente, a été réa­lisée en châtaignier. Les bardages, le luminaire et le mobilier sont aussi faits de cette essence. Le choix des architectes s’est, en revanche, porté sur le pin de classe 42 pour la construction des ossa­tures.

Le belvédère et la terrasse habillés de châtaignier français témoignent du visage résolument plus moderne et durable de ce bord de plage réaménagé de façon épurée.

INTERVENANTS

Maître d’ouvrage : Ville de Marseille
Maître d’œuvre : Mira Architecture et Paysage (13)
Maître d’œuvre, architecte associé : La plage Architecture et Paysage (35)
Bureau d’études structure bois : I2C (13) ; autre BET intervenant : CEC WRD (13)
Entreprise bois : Amexbois (04)
Coût total aménagement extérieur : 1 612 k€ HT
Coût lots bois : 625 k€ HT
Volume bois : 250 m3
Surface aménagée : 1 987 m²


PLAGE DE LA POINTE-ROUGE – FINALISTE PNCB 2022 CATÉGORIE AMÉNAGEMENT INTÉRIEUR OU EXTÉRIEUR


Thème : réaménagement sous contrainte littorale
Zone climatique : littoral méditerranéen
Essences utilisées : châtaignier – pin
Entreprise bois : Amexbois (04)
Année de livraison : 2021
Lieu : Marseille, Bouches-du-Rhône
Site Internet : mairie-marseille6-8.fr