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Construction avec du bois de récupération à Mayotte

Posted Posted in La Lettre B

La construction du faré du lycée de Longoni a su conjuguer emploi du bois, réutilisation de matériaux de récupération, valorisation des savoir-faire locaux et implication des riverains. Cette recette lui permet de décrocher la mention spéciale « Innovation sociale » du Prix national de la construction bois.

Le faré du lycée de Longoni, à Mayotte, sera le lieu de rencontre et de médiation autour du futur lycée des métiers du bâtiment.
Photos : Atelier Ya Hazi

Bâtiment annonciateur du futur lycée des métiers du bâtiment de Longoni, à Mayotte, le faré de Koungou est un espace extérieur couvert qui accompagne l’avancement du projet et symbolise le début d’une intervention sur le site. Tour à tour utilisé pour apprendre à fabriquer des matériaux de construction, organiser des ateliers participatifs, servir de kiosque à musique ou de lieu de réunion publique, le faré est aussi un bâtiment exemplaire sur le plan environnemental. Une première dans ce petit département d’outre-mer !


Trois cabinets d’architectes
Le projet a été initié par l’Atelier Ya Hazi, permanence architecturale à Mayotte des agences d’architecture Co-Architectes (Saint-Pierre, La Réunion) et Encore Heureux (Paris). Le parti architectural de ces cabinets et de Collectif Dallas (Ixelles, Belgique) a été de maximiser l’utilisation de matériaux biosourcés ou issus de la récupération, de favoriser les savoir-faire mahorais et de travailler avec les populations locales. Un quadruple objectif pleinement atteint !

Bois, brique et coco
D’une surface de 78 m2, le bâtiment combine ossature et charpente traditionnelle en bois, briques en terre comprimée et feuilles de coco tressées (mtsévé). Une partie des poteaux-­poutres en pin sylvestre utilisés pour la charpente ont été récupérés lors de la déconstruction soignée de la mairie de Sada et de fermes voisines.

La réalisation mêle revalorisation des traditions et savoir-faire locaux, construction en briques de terre comprimée et réemploi de matériaux issus de la déconstruction de la mairie de Sada. La démarche participative impliquant les lycéens se double de l’ouverture du chantier aux plus jeunes.

Portes et jalousies de récupération
Sur ces chantiers de déconstruction, les entrepreneurs ont également pu réutiliser des tôles nervurées (pour la toiture), des portes et des jalousies en bois. Sans oublier le basalte pour réaliser les soubassements. La construction a commencé après un inventaire précis du gisement de réemploi. Les briques et les panneaux de feuilles de coco tressées ont été fabriqués sur place.


Ventilation naturelle
La composition des murs de ce bâtiment aux principes simples associée à la végétation environnante et aux vents dominants font bénéficier au faré d’une ventilation naturelle.


Ateliers pédagogiques
Le premier volet de la démarche participative a consisté à organiser une série d’ateliers pédagogiques impliquant les élèves des lycées professionnels de Dzoumogné et de Chirongui. L’idée des architectes du collectif Dallas était de se servir du faré comme d’un véritable chantier-école avec ses différentes phases et démarches mises en place.

Lien social
Second volet : l’ouverture du chantier à un public plus large. Il s’agissait, cette fois, d’impliquer dans la construction la population locale, toutes générations confondues : habitants, écoliers, usagers ponctuels et, parfois, simples passants. Le chantier a été l’occasion de créer un lieu de lien social, d’échange, de convivialité, le lieu de rencontres publiques et de moments fédérateurs.


Maître d’ouvrage : Rectorat de Mayotte, Ministère de l’Éducation nationale (976)
Maîtres d’œuvre : Ahamada Tchanga (976), Encore Heureux (75), Co-Architectes (974), Collectif Dallas (Belgique)
Bureau d’études structure bois : Gaujard Technologie Scop (84)
Fournisseur du bois : entreprise Ahamada Tchanga, bois issu du réemploi (976)
Surface : 78 m2
Coût : 103,5 k€