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Communes forestières : le bois pour dynamiser l’économie locale

Publié Publié dans La Lettre B

Forte de 6 000 adhérents, la Fédération nationale des Communes forestières (FNCOFOR) porte les intérêts des collectivités, notamment en les accompagnant pour intégrer le bois local à leurs projets de constructions. Au menu, un éventail d’actions et de dispositifs qui participent au développement des territoires. Explications avec Dominique Jarlier, président de la FNCOFOR.

Dominique Jarlier, président de la FNCOFOR.
Photo : FNCOFOR

Quel est l’objectif de la FNCOFOR à travers ses différents programmes ?
L’objectif de notre fédération est de dynamiser l’économie locale en valorisant la ressource bois et les entreprises de proximité. Il s’agit de trouver des opportunités de soutien en ingénierie technique et financière, pour que les communes puissent choisir non seulement leur bois, mais aussi l’essence qu’elles souhaitent mettre en œuvre dans leur projet de construction, d’aménagement ou de réhabilitation. C’est ainsi qu’a émergé l’idée du programme « 100 constructions publiques en bois local » (initié de 2012 à 2017, NDLR).

Quel bilan en faites-vous aujourd’hui ?
Aujourd’hui, plusieurs centaines de projets en bois local sont sortis de terre, certains bâtiments ont plus de dix ans. Sur le début de cette année 2021, notre réseau a accompagné plus de 250 collectivités qui ont un projet de construction publique en bois local. Nous nous sommes attachés à informer les élus (4 300 élus sensibilisés), mais aussi à les former – 280 à ce jour – pour que le bois local puisse être majoritaire dans la construction.

Y a-t-il eu des freins à lever ?
En fait, la particularité des collectivités est qu’un projet de construction dépassant un certain montant est soumis aux règles des marchés publics, donc d’appel d’offres. Une façon de contourner cette obligation, en toute légalité, est que la commune achète le bois et le fournisse à son prestataire. Pour aller plus loin encore, la FNCOFOR a mis en place les marques de certification de massifs d’origine. Les maîtres d’ouvrage ont ainsi la possibilité d’intégrer les marques de certification à leurs marchés publics. Cela impose que les entreprises qui interviennent se certifient et répondent aux exigences des référentiels des marques.
Plus concrètement, le bois est certifié, puis le sciage, l’idée étant d’arriver à la deuxième transformation, voire à la mise en œuvre.
Derrière cette volonté d’instaurer une chaîne de certification, il y avait deux aspects : d’une part, mettre en place une traçabilité à 100 % des bois, aujourd’hui, une exigence sociale ; d’autre part, et tout aussi important, la « clusterisation » des entreprises sur les territoires, ce qui sous-entend collaboration et contractualisation entre elles. À noter, les marques de certification garantissent aux maîtres d’ouvrage l’origine des bois à 100 % issus de massifs et de forêts certifiées gérées durablement (PEFC).

En fait, ces actions sont intrinsèquement liées ?
Oui, la phase initiale du programme concernait la construction en bois local (approvisionnement, ressource). Puis on est passé progressivement aux marques de certification et, enfin, à l’analyse des retombées économiques sur le territoire (ART)1 pour justement quantifier l’inci­dence des projets sur le territoire en termes économique, social et environnemental.
Et cela dans un rayon de 80 km. Nos actions s’intègrent à un processus de réflexion. Nous avançons progressivement afin de faciliter la tâche de ceux qui mettent en œuvre et d’objectiver les résultats de manière précise.

Pourriez-vous nous donner un exemple des effets positifs ?
Entre autres, l’utilisation d’essences, tel le pin d’Alep, qui, bien que présentes sur le territoire, n’étaient pas du tout utilisées pour la construction jusque-là et n’appartenaient pas aux chaînes de valorisation traditionnelle. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas : la normalisation de ces arbres et l’émergence de projets publics ont permis de redonner un sérieux coup de pouce à l’économie locale.

Comment avez-vous aidé les maîtres d’ouvrage à entrer dans ce processus ?
Tout d’abord, nous les sensibilisons aux enjeux de la construction en bois local, puis les formons et les accompagnons pour réaliser leur projet. Nous avons également sollicité des aides des Collectivités territoriales et de l’État, dans le cadre de la Dotation d’équipement des territoires ruraux (DETR). Aides complétées par le Plan de relance, par la dotation de soutien à l’investissement local (DSIL), qui sont validées par département. Sans oublier les Régions et Départements qui peuvent également apporter leur soutien financier. Les aides peuvent s’élever à 20-25 % de la valeur du lot bois du projet.

Qu’en est-il des démarches territoriales forestières ?
Le rôle des élus est essentiel pour la structuration de la filière forêt-bois. Leurs missions sont la prescription, les réflexions d’aménagement, mais aussi la médiation. Il faut expliquer ce que l’on fait en forêt, la récolte des arbres… Dans le cadre de ces démarches, France Bois Forêt (FBF) nous soutient (exemples, les marques de certification ; le développement du hêtre, NDLR). Nous travaillons aussi avec d’autres membres de FBF, telle la Fédération nationale du bois (FNB) avec laquelle nous visons un objectif
commun : conforter les entreprises sur les territoires et préserver les emplois. Autres aspects à ne pas oublier : la prévention des risques, ce qui relève du domaine de la formation et de l’information. Et, là aussi, les élus doivent être au premier rang, ils sont en responsabilité.

Et la FNCOFOR n’oublie pas non plus la jeunesse…
Oui, « Dans 1 000 communes, la forêt fait école »2 est un programme important. Les enfants se voient confier la gestion d’une parcelle de leur commune, qu’ils vont ensuite transmettre dans tous ses aspects environnementaux et productifs, à leurs camarades de l’année suivante. Ce qui leur permet de prendre conscience du temps long : ce n’est pas pour demain, mais dans cinquante ans…

« Dans 1 000 communes, la forêt fait école. »
Photo : FNCOFOR

La FNCOFOR en bref

  • 6 000 collectivités adhérentes
  • 50 associations départementales
    Ses missions :
  • Développer les territoires forestiers
    grâce au déploiement des politiques forestières territoriales.
  • Concerter et rassembler via les Chartes forestières de territoires (170 chartes signées).
  • Construire en bois local.
  • Favoriser le bois-énergie grâce au programme « 1 000 chaufferies bois
    en milieu rural ».
  • Former et informer les élus.

Pour en savoir plus :
fncofor.fr
art.fncofor.fr
franceboisforet.fr
fnbois.com
pefc-france.org
economie.gouv.fr
collectivites-locales.gouv.fr

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