Plantons pour les forêts de demain

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Plantons pour les forêts de demain

Augmenter le volume des plantations pour mieux adapter nos forêts au changement climatique. Tel est l’objectif des pépiniéristes français avec, à leur disposition, des variétés forestières améliorées capables de répondre à cet enjeu stratégique. Le point avec Vincent Naudet, vice-président du Syndicat national des pépiniéristes forestiers (SNPF) et dirigeant des Pépinières Naudet.

Les pépinières Naudet proposent 150 références de plants résineux. Photo : Pépinières Naudet

 

Le constat est toujours le même : en France, le nombre de plantations annuelles a été divisé par quatre depuis les années 1990. Soit environ 55 millions de plants par an (25 millions pour le pin maritime et 30 millions pour les autres essences). « C’est très peu, comparé aux politiques forestières européennes. Par exemple, l’Allemagne et ses 300 millions de plants annuels, alors que son espace forestier est inférieur de 30 % au nôtre », souligne Vincent Naudet, vice-président du SNPF.

« Nous espérons que le Plan de relance, en amorçant un système durable de plantations, permette à la France de revenir au niveau de ses voisins européens », ajoute-t-il. Étant donné la réalité du changement climatique et ses effets plus rapides, plus importants et plus variés qu’on ne le pensait, « ce plan peut être l’occasion pour les propriétaires et le grand public de s’approprier cette notion de plantation et la voir comme indispensable. Car elle l’est ! » Concrètement, cela pourrait se traduire par un accompagnement pour tester, puis planter des variétés ou provenances plus adaptées au contexte.

« Les pépiniéristes sont le bras armé de la replantation. Outre le pin maritime et le Douglas – les essences les plus importantes –,
notre catalogue comporte plusieurs centaines de variétés répondant à la nécessité de diversification. » En outre, les plants (90 % des résineux) sont issus de variétés forestières améliorées, qui ont l’énorme avantage d’avoir une base génétique très large. Ce qui n’est pas le cas en forêt « en évolution libre », où le brassage génétique, principalement par auto­pollinisation, est insuffisant. « Et c’est cette importante diversité génétique qui contribue à la résilience des forêts, primordiale dans leur adaptation au réchauffement climatique. Reboiser, c’est aussi garantir la fonction économique de la forêt – près de 400 000 emplois y sont rattachés –, tout en conservant sa dimension sociétale. Une tâche d’envergure. »

Évolution du marché national de plants forestiers (2019-2020 par rapport à 2018-2019) :

  • Ventes toutes essences confondues : - 19 %, soit 55 182 852 plants
  • Ventes hors pinus pinaster (pin maritime) : – 3 %, soit 29 875 337
  • Ventes des 5 premières essences :
    • Pinus pinaster (pin maritime) : – 31% (25 307 515)
    • Pseudotsuga menziesii (Douglas vert) : + 6 % (11 950 465)
    • Quercus petraea (chêne sessile) : + 4 % (3 817 461)
    • Picea sitchensis (épicéa de Sitka) : + 12 % (1 271 018)
    • Picea abies (épicéa commun) : – 42 % (1 165 077)

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