RE 2020 : moment charnière pour la filière bois française

RE 2020 : moment charnière pour la filière bois française
Les Français plébiscitent le bois dans le secteur du bâtiment pour diminuer l’empreinte carbone des constructions.

 

Bâtiment B (détail) signé Barré-Lambot, quartier de la Création, Nantes.
Photo : Carole Humeau/Atlanbois

 

Le bois a un rôle essentiel à jouer dans la réduction de l’empreinte carbone des bâtiments et ce sont les Français eux-mêmes qui le disent ! D’après la récente enquête menée par CSA pour la filière bois française, ils sont plus de 8 sur 10 (82 %) à faire confiance à la filière pour sa capacité à réduire les émissions de CO2 du secteur et ainsi contribuer à la transition écologique en France. Ils sont même 74 % à juger le bois trop peu présent dans les constructions, estimant que la part actuelle de 8 à 10 % consacrée à ce matériau n’est pas suffisante pour réduire l’impact carbone du secteur du bâtiment. Il est urgent que les acteurs de ce secteur réagissent : 94 % de la population estime qu’ils devraient davantage prendre en compte l’impact environnemental des matériaux utilisés dans la conception des constructions ! Le secteur du bâtiment est en effet le deuxième secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre (GES) en France.

En ce sens, les Français sont près de 9 sur 10 (89 %) à approuver la décision du gouvernement d’utiliser davantage le bois dans la construction de bâtiments neufs afin de réduire les émissions de CO2 du secteur en France. Ils en attendent même plus : 96 % jugent important que le gouvernement mette en œuvre une politique à long terme favorisant la plantation d’arbres, et 92 % une politique favorisant les investissements financiers pour accompagner le développement des industries de transformation du bois (recherche, formation, scierie, etc.). Les Français sont en effet 90 % à penser que la filière bois française doit être soutenue, car elle favorise le bois français. D’après 89 % d’entre eux, elle constitue un véritable atout économique pour le pays et 88 % s’accordent à dire qu’elle crée des emplois en France.

Les Français sont aujourd’hui nombreux à vouloir du bois chez eux, qui constitue même un plus pour le marché de l’immobilier. Sa présence a une influence positive dans le choix d’une location pour 75 % d’entre eux, et ce chiffre grimpe à 80 % lorsqu’un achat est évoqué. 57 % se disent même prêts à consacrer un budget plus important pour l’acquisition d’un bien immobilier comportant du bois !

La filière bois française a donc un rôle clé à tenir dans le cadre de la RE 2020 – réglementation visant à réduire l’empreinte carbone du secteur du bâtiment en favorisant l’utilisation des matériaux biosourcés comme le bois dans les constructions. Si cette réglementation est encore méconnue de 78 % des Français, ils sont 92 % à l’approuver une fois informés de ses objectifs. La filière bois, qui soutient cette réglementation, a lancé en février son Plan Ambition Bois Construction 2030 pour accompagner son entrée en vigueur, accélérer la réduction de l’empreinte carbone de la construction et soutenir la relance avec le bâtiment durable.

Lycée professionnel maritime Florence-Arthaud à Saint-Malo. Photo : Pascal Leopold

Le bois : de multiples qualités à valeur ajoutée pour l’immobilier

Les Français sont largement conscients des qualités du bois. Pour eux, il est de loin le matériau de construction le plus écologique. Les deux tiers d’entre eux lui attribuent la 1re place dans le domaine (66 %), largement devant la brique (16 %) et le verre (8 %). Au-delà, ils l’apprécient également pour ce qu’il apporte à une construction : caractère naturel (94 %), sentiment de confort (91 %), esthétisme, tant intérieur (91 %) qu’extérieur (86 %). Ils sont également nombreux à reconnaître ses caractéristiques isolantes : thermiques (87 %) et acoustiques (79 %).

Une filière de confiance avec une gestion durable des forêts pour assurer la transition écologique

82 % des Français sont confiants dans la capacité de la filière bois à réduire les émissions de CO2 du secteur de la construction et à contribuer à la transition écologique en France. Ils estiment ainsi que le bois devrait être plus largement présent dans les bâtiments, et ce, quels qu’ils soient : maisons individuelles (90 %), bâtiments administratifs (90 %), habitats collectifs privés (85 %), sociaux (87 %), bureaux (87 %), etc. Il faut dire que les Français ont conscience des atouts du bois et de la filière pour assurer la transition écologique. Ils savent que le bois absorbe du CO2 lorsqu’il pousse (95 %) et, qu’une fois récolté, il ne le rejette pas, mais le stocke (85 %). Et, s’ils ne sont encore que 60 % à savoir que le bois de construction est en grande partie issu des forêts françaises, ils ont conscience de leur gestion durable et raisonnable (74 %). 87 % des Français s’accordent ainsi à dire que la filière participe à l’aménagement des territoires français, et 83 % qu’elle contribue à l’entretien des forêts et paysages.

Plan Ambition Bois Construction 2030 : la filière s’engage en 10 points

Pour espérer atteindre l’objectif de neutralité carbone que la France s’est fixé pour 2050 au même titre que les autres États membres de l’Union européenne – c’est-à-dire ne pas émettre plus de CO2 que le pays en consomme –, il est aujourd’hui urgent d’accélérer le rythme de la transition écologique et de la décarbonation de l’économie. La filière forêt-bois soutient l’ambition portée par le gouvernement avec la future Réglementation environnementale du bâtiment dite « RE 2020 ». Cette réglementation doit permettre au secteur du bâtiment, qui compte parmi les plus émissifs du pays, de prendre sa part à la décarbonation de l’économie.

Dans ce cadre, les professionnels ont élaboré le Plan Ambition Bois Construction 2030 afin de renforcer dans la construction des bâtiments neufs l’usage du bois et des matériaux biosourcés dans le cadre d’une mixité accrue des matériaux. Pour ce faire, la filière bois s’est ainsi engagée, dès février dernier, en dix points pour : former, développer l’emploi, mobiliser les volumes, investir en recherche et développement, développer l’offre en bois français, soutenir l’économie des territoires, favoriser la mixité des matériaux, planter et replanter, réduire les coûts, et recycler le bois en fin de vie.

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Le bois dans la construction et la rénovation : le choix du bas carbone vert

Photo : Atlanbois

Faire le choix du bois dans le domaine de la construction et de la rénovation relève d’une démarche responsable et durable. Outre l’avantage d’être renouvelable, son empreinte carbone est en effet particulièrement faible puisqu’il présente le double avantage d’être moins émissif pendant sa phase de fabrication et de stocker du carbone sur l’ensemble de son cycle de vie qui peut être très long. Le bois permet ainsi de lutter contre le réchauffement climatique. En forêt, les arbres absorbent le carbone grâce au phénomène naturel de la photosynthèse. Moins énergivore pour sa transformation, une fois coupé et utilisé dans les constructions, le bois continue de stocker ce carbone emmagasiné.
De plus, la mise en œuvre du bois dans la construction et la rénovation permet de préserver des ressources épuisables de la planète utilisées dans d’autres matériaux de construction. Cette exploitation permet aux forêts de se développer en coupant les arbres matures pour laisser la place aux jeunes pousses qui capteront à leur tour du carbone. La gestion durable des forêts permet d’entretenir les « poumons » de la planète