Quand la forêt fait école

Quand la forêt fait école

Photos : FNCOFOR

La Fédération nationale des communes forestières a initié le programme « Dans 1 000 communes, la forêt fait école ». Soutenus par France Bois Forêt, ces projets pilotes déployés dans sept unions régionales2 sont destinés à sensibiliser les plus jeunes aux fonctions essentielles de la forêt dans les territoires, à sa gestion, à sa valorisation et à sa préservation.

Impliquer les enfants dans la gestion
d’une parcelle forestière d’une commune, afin de mieux appréhender la diversité des écosystèmes forestiers, le lien – essentiel – entre forêt et territoire, ou encore les enjeux d’une gestion durable face au changement climatique. Autant d’items abordés à travers le programme « Dans 1 000 communes, la forêt fait école », porté par la Fédération nationale des communes forestières.
« Le réseau de forêts pédagogiques pilotes, actuellement en cours de création dans plusieurs régions, permettra de consolider une méthodologie d’animation et un large déploiement du programme à la rentrée de septembre 2021 », précise Dominique de La Rochette, déléguée aux relations extérieures et à la communication de la Fncofor. Sont concernés les enfants de 10 à 13 ans, que ce soit dans le cadre d’une école, d’un centre aéré ou encore d’un conseil municipal de jeunes. « Pour cette première année, une forêt pédagogique pilote est développée dans chaque union régionale. L’idée est de se ménager du temps afin de construire les outils nécessaires à l’animation de ces projets avec les enseignants et élus des communes concernées. Cette période de test sera davantage déployée à la rentrée 2021, à travers l’intégration de nouvelles communes au dispositif », détaille Clara Guérin, chargée de mission du programme à la Fncofor. Avec une montée en puissance à chaque rentrée scolaire.

Encadrés par des professionnels forestiers, les élèves vont gérer une parcelle de la commune (ici, à Lirac, dans le Gard).

Dans ce programme, les enfants sont en interaction directe avec des professionnels forestiers, qui apportent aux élus et enseignants toute leur expertise technique. « Gérer durablement une parcelle implique de les amener à être en capacité de prendre les décisions adéquates. D’où un accompagnement à travers des rencontres, des inter­ventions ou visites sur site avec ces référents de la forêt », souligne Clara Guérin.

Sachant que les décisions concernant la parcelle sont toujours prises en conformité avec les documents d’aménagement forestier3 de la commune. Certaines forêts pédagogiques pilotes mettent également un accent sur la dimension patrimoniale et culturelle de la forêt, voire artistique. Exemple à Dax, où les enseignants d’une classe bilingue français-gascon et la Mairie ont souhaité rétablir le lien entre leur forêt et leur culture locale. Ou encore les chênaies de l’Adour et leur importance économique dans le territoire.

 

L’exemple Lirac : pionnière de la forêt pédagogique

Photos : Fncofor

Commune du Gard de 957 hectares très boisés (45 % de forêt), Lirac, à travers ses élus et son école, fait figure de pionnière dans ce projet pilote de forêt pédagogique. Les élèves de CM1 et de CM2 ont ainsi en charge une parcelle communale sur une période de deux ans. Gestion durable, métiers, usages, biodiversité avec inventaire et reconnaissance des essences, espèces animales et végétales, ou encore des champignons… Toutes les thématiques forestières seront traitées, avec un focus sur la forêt méditerranéenne et ses problématiques particulières : « Notamment la lutte contre les incendies, un enjeu central dans cette région, avec la collaboration des pompiers et de la DFCI4, ou encore les inondations en forêt pour comprendre le phénomène d’érosion et la gestion des crues », détaille Clara Guérin.

Photos : Fncofor

Chaque item fera l’objet d’une préparation en classe, d’une partie observation avec visite sur site et/ou intervention d’un professionnel. Et, en conclusion, une discussion sur les observations menées, des ateliers et travaux. Sans oublier des expositions. Sensibilisation et transmission « L’objectif est que ce projet dépasse le simple cadre de l’école, qu’il s’inscrive dans le paysage de la commune et touche un public plus large. » Les enfants seront véritablement moteurs : ils devront, par exemple, décider avec les gestionnaires des coupes à effectuer et suivre toute la transformation de ce bois jusqu’à la création d’un mobilier pour l’école. « Au cœur de ce programme, il y a aussi l’idée de transmission. Celle de la parcelle d’une année sur l’autre à d’autres élèves, pour leur faire saisir la notion de gestion à long terme. Un document consigne toutes les actions engagées sur un massif forestier ou une parcelle, qui sera lui aussi transmis. » Transmission encore entre les différentes écoles françaises, mais aussi au niveau international. « Nous avons développé un binôme franco-québécois l’an passé, entre les élèves de la commune de Lirac et ceux de l’école de Chicoutimi (Québec) avec l’Association forestière Saguenay-Lac-Saint-Jean5 ; et entendons développer ces initiatives au niveau international. L’intérêt ? Sensibiliser les enfants à la diversité des espaces forestiers à l’échelle du monde entier, leur faire prendre conscience que le changement climatique est une problématique d’échelle planétaire », souligne Clara Guérin.

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