BIM : le bois s’implante dans la maquette numérique

BIM : le bois s’implante dans la maquette numérique

La « BIMisation » des parois systèmes du « Catalogue Bois Construction » constitue une première étape vers l’intégration d’ouvrages bois à la maquette numérique. Doc. : GT BIM Bois

En mars 2015, la filière bois a créé un groupe de travail (GT) sur le BIM (Building Information Modeling) et le bois afin de mettre en place un plan d’actions. Objectif : permettre à la filière de se positionner en première ligne en matière d’évolution vers le numérique. Financé conjointement par France Bois Forêt et le Codifab, ce travail de longue haleine, mis en œuvre par l’institut technologique FCBA, a considérablement avancé durant ces trois dernières années. Précisions.

L’arrivée de la maquette numérique dans le monde du bâtiment modifie en profondeur les méthodes de travail des architectes, bureaux d’études et entreprises. Une révolution culturelle qui nécessite l’élaboration de règles communes, validées par la normalisation, afin de rendre possibles le dialogue et l’échange d’informations entre tous les professionnels du bâtiment. Durant des décennies, tous les corps d’état ont développé des solutions numériques qui leur sont propres. Aujourd’hui, la structuration de la data (terme anglais signifiant données) véhiculée par le BIM et la compatibilité directe des formats d’échanges, sont des éléments clés du développement de cette méthode de travail.

Mettre le pied à l’étrier

Pendant sa première année d’existence, le groupe de travail (GT) BIM Bois a défini ce que la filière bois pouvait apporter collectivement au Plan de transition numérique du bâtiment (PTNB)3, publié le 31 août 2015 et destiné à contribuer au déploiement numérique dans toute la filière du bâtiment. « Nous avons compris qu’il fallait nous greffer à un certain nombre d’initiatives nationales, explique Serge Le Nevé, responsable Unité ingénierie adjoint à la direction du Pôle IB&C (Industrie du bois et de la construction) de l’institut technologique FCBA. En participant à la création du dictionnaire PPBIM (NDLR : « Propriétés des produits et systèmes utilisés en construction – Définition des propriétés, méthodologie de création et de gestion des propriétés dans un référentiel harmonisé »), nous avons pu nous rendre compte que cette approche était insuffisante pour intégrer des objets aboutis à une maquette numérique et qu’il fallait raisonner en termes d’ouvrages et pas seulement de produits. »

Une démarche collective

La maquette BIM permet à tous les professionnels concernés par une construction d’accéder au même fichier informatique qui modélise toutes les données d’un bâtiment. Doc. : Cadwork

La deuxième phase des travaux sur les dictionnaires d’objets numériques a démarré en 2017, avec l’action POBIM (« Recensement des propriétés et modèles d’objets génériques BIM ») porté par l’Afnor. En l’espace de deux ans (2018-2019), le GT BIM Bois a structuré une démarche consultative au sein même de la filière, de l’amont à l’aval, en passant en revue toutes les parties d’ouvrages à base de bois dans le bâtiment : façade ossature bois, mur porteur ossature bois, fenêtres, escaliers, bardages… Les dictionnaires des principaux ouvrages bois ou à base de bois ont été conçus, validés et intégrés aux livrables de l’action POBIM Afnor, puis publiés dans le « Catalogue Bois Construction », intégrant désormais un espace dédié au BIM. Un état des lieux a ensuite été fait pour mettre en place la méthode de création d’objets génériques au sein de la filière. « Un plan d’actions a été proposé mi-2019 pour préparer la production en 2020, précise Serge Le Nevé. Nous avons donc commencé à travailler sur de premiers objets génériques BIM filière bois en mars 2020. La priorisation s’est faite sur des ouvrages qui avaient préalablement fait l’objet de détermination de standards nationaux (le volet « ossature bois » constitue le noyau de base initial de cet outil Catalogue). La paroi devient un “objet générique”. Le catalogue comporte une grande quantité de familles de parois et de déclinaisons associées, ce qui aboutit à un grand nombre potentiel d’objets génériques valorisés. » Le travail actuel repose notamment sur l’exploitation des dictionnaires POBIM Afnor pour générer des objets génériques pour toutes ces familles de parois ossature bois, ainsi que pour les principaux matériaux de structure en bois – bois massif (BM), bois lamellé-collé (BL-C), bois massif reconstitué (BMR), bois massif abouté (BMA), lamellé-croisé (CLT)… Le développement de ce premier module « ossature bois » devrait être achevé mi-2021. La filière devrait par la suite, si cette expérimentation est concluante, développer un module bardage et un module parquet, puis un module platelage extérieur en bois.

Un outil à partager

Aujourd’hui, le noyau dur du groupe de travail BIM Bois réunit une vingtaine de personnes : des éditeurs de logiciels métier (Cadwork, Dietrich’s, MiTek…), ainsi que les principales organisations et syndicats professionnels. Parmi eux, la Fédération nationale du bois (FNB) qui, auparavant, avait déjà réalisé pour ses adhérents le catalogue des produits bois français. « Nous sommes l’organisation professionnelle de la mobilisation et de la transformation du bois en France, précise Eva Cojean, chargée de mission 2e transformation et suivi de la normalisation au sein de la FNB. L’objectif est d’apporter une visibilité au bois dans la construction à un niveau supérieur, au-delà des brochures techniques. Les objets génériques créés par le GT BIM Bois permettront à nos adhérents – fabricants de parquets, bardages, platelages… –, de les proposer à leurs clients (artisans, maîtres d’œuvre, bureaux d’études) qui pourront les utiliser directement dans la maquette numérique. Nous communiquons régulièrement sur l’avancement en commission technique qui est ouverte à tous les adhérents concernés. » Au-delà du travail sur la structuration et le positionnement des objets BIM pour toutes les parties d’ouvrages et produits bois, le GT BIM Bois est également impliqué dans les opérations de communication (conférences, ateliers, articles de presse…) et la réalisation de supports de sensibilisation pour les professionnels.

Automatiser la transmission de données

En 2019, parmi les missions qu’il s’est vu confiées par la filière, figurait aussi la prise de contact avec les principaux éditeurs de logiciels BIM utilisés par les architectes et concepteurs pour la mise en place de la maquette mère. Autodesk, avec son logiciel Revit, a accueilli le projet filière favorablement. « Le GT BIM CSF Bois (Comité stratégique de la filière bois) a donné son aval pour développer une interface de programmation d’application (API) permettant, depuis le logiciel Revit, de construire sa maquette numérique via un configurateur de solutions consultant le Catalogue volet ossature bois dans son ensemble, explique Serge Le Nevé. Des développements analogues ont été réalisés par quelques premiers professionnels. »

 

Un espace dédié au BIM a été créé dans le « Catalogue Bois Construction ».

Qu’est-ce que le BIM ?

« Building Information Modeling » ou « modélisation des informations
de la construction » ou « maquette numérique » (MN). Plus précisément, c’est la représentation numérique des caractéristiques physiques et fonctionnelles d’un bâtiment. Comme tel, il sert de ressource de la connaissance partagée des informations sur le bâtiment, et forme une base fiable pour prendre des décisions au cours de son cycle de vie, et ce dès sa création. C’est aussi une représentation 3D qui va plus loin que la simple modélisation d’un bâtiment. C’est une sorte de base de données techniques, un ensemble structuré d’informations sur un bâtiment, existant ou en projet. Il s’agit d’une base de données standardisée, partagée, capable de contenir toutes les informations techniques de l’ouvrage bâti, de sa conception à l’exploitation. Source : Mediaconstruct

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