Des volumes de bois en baisse au premier semestre 2020

Le premier semestre 2020 a affiché une tendance générale à la baisse des volumes proposés lors des ventes groupées de coupes de bois, mais avec quelques éclaircies sur la demande et les prix. C’est ce qui ressort de la synthèse des Experts forestiers de France, réalisée dans le cadre de l’Observatoire économique de France Bois Forêt. 

Doc. : Experts forestiers de France

On s’en doutait, la crise de la Covid-19, avec sa cohorte d’incertitudes, n’a pas été sans incidence sur la campagne de ventes groupées de coupes de bois du premier semestre 2020. Tout d’abord en terme de nombre – 19, contre 24 au premier semestre 2019, certains vendeurs ayant préféré différer leur vente dans ce contexte. Résultat : une quantité moindre de lots présentés : 739 au lieu de 1 072. 

Traduction : – 25 % pour les feuillus, passant de 107 733 m3 à 80 905 m3, sauf pour le frêne et le peuplier qui restent stables ; – 29 % pour les résineux, soit 361387 m3 au lieu de 504 102 m3. Quant au bois d’industrie, il suit la même courbe, qu’il s’agisse de résineux ou de feuillus. L’impact, cependant, a été minimisé grâce à l’accélération de la mise en place des ventes informatisées (programme mené par les Experts forestiers de France en partenariat avec France Bois Forêt – voir La Lettre B n° 30, NDLR), qui a permis une organisation entièrement à distance pour six d’entre elles. Mais aussi par les besoins d’approvisionnement de certains secteurs prioritaires, comme l’emballage. Au final, les acheteurs étaient au rendez-vous, sur place ou à distance. 

C’est ainsi que le nombre moyen de soumissions reçu par lot est à la hausse par rapport à 2019 (4,62 au lieu de 3,70) et reste dans la moyenne des six à sept dernières campagnes. 

Quelques éclaircies 

Même si quelques éclaircies sont à noter quant aux proportions de volumes vendus dans la famille des  feuillus, le chêne et le frêne soulèvent les plus grandes inquiétudes. L’offre du premier atteignait à peine 43 000 m3, contre plus de 70 000 m3 en 2019. Contre toute attente, la proportion de volume vendu en séance est passée de 86 % en 2019 à 81 %, tout en restant en deçà des années 2018 et précédentes. Chiffres également en progression pour le frêne, dont 96 % des volumes ont trouvé preneurs au cours des ventes ! Autres constats positifs : un prix moyen stabilisé, et un marché à l’exportation vers le Vietnam toujours dynamique pour ce dernier. 

On ne peut pas en dire autant du peuplier qui a mal vécu la crise sanitaire : malgré une ressource qui se raréfie, la mobilisation s’avère la plus basse depuis 2009 – moins de 20 000 m3. Soit un « marché atone », peut-on lire dans un compte-rendu. Résultats : seuls 40 % des volumes ont trouvé preneurs ; à peine plus d’une soumission par lot (1,24), contre 2,2 durant la même période en 2019. 

Du côté des résineux, le Douglas – crise ou pas – a le vent en poupe avec plus de cinq soumissions par lot, soit le niveau le plus haut depuis 2001, plus de 90 % de volume vendu en séance, dans la continuité des trois dernières années. 

L’épicéa commun et le sapin pectiné sont, sans surprise, les plus touchés en raison de la crise des scolytes dans l’Est de la France. Avec, pour le premier, 30 421 m3 mis sur le marché (dont 60 % en provenance de régions hors scolytes – Normandie, Auvergne, Midi- Pyrénées), contre 67 840 m3 en 2019, et, pour le second, 27 491 m3, contre 51 277 m3 (75 % sur les régions Alsace- Lorraine, Auvergne, Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes). 

Diminution significative également de l’offre pour l’épicéa de Sitka : 35 000 m3 ce premier semestre, contre 59 000 m3 à la même période en 2019. Si la Bretagne a pu maintenir ses marchés, la Normandie affiche, en revanche, une baisse importante par rapport à 2019 (3 500 m3, contre 13 000), tandis que Midi-Pyrénées annonce une année blanche. On observe, pour la première fois depuis de nombreuses années, un décrochement des prix entre les catégories de volumes, sans doute en raison de la concurrence des épicéas scolytés. Le Limousin, lui, connaît un rebond : 66 % du volume trouvant preneur en séance et 5,72 offres par lot. 

Quant au pin maritime, il affiche une certaine stabilité en termes de prix, avec de gros bois (> 1 m3) autour de 40 €/m3. Mais avec, toutefois, une différence entre les deux principales régions : de 43 à 44 €/m3 en Aquitaine et de 37 à 38 €/m3 dans les Pays de la Loire.

Pour en savoir plus :
vem-fb.fr
http://observatoire.franceboisforet.com

PROGRAMME
Réf. FBF : 19RD927
Budget FBF : 45 k€