Veille économique mutualisée : un dispositif stratégique

Lancée en 2016 par la filière forêt-bois, la Veille économique mutualisée (VEM) s’impose comme un outil stratégique unique en son genre et essentiel à toute la filière forêt-bois. Le point sur ce dispositif qui entre dans sa phase opérationnelle.

La Veille économique mutualisée (VEM) est un programme inédit. « Aucune filière ne s’est jamais dotée d’un outil de ce type », souligne Éric Toppan, coordinateur de l’Observatoire économique de France Bois Forêt et de l’outil VEM. Initié en 2016 par France Bois Forêt, France Bois Industries Entreprises et le Codifab1, cet outil stratégique est le fruit d’une action collective et collaborative avec quatre ministères2.
Sa mise en œuvre opérationnelle a été confiée à un consortium de compétences, constitué de FCBA3 et IPEA4.
Son objectif ? En finir avec l’hétérogénéité des sources de données en réunissant l’ensemble des indicateurs économiques de la filière forêt-bois sur une seule et même plateforme informatique. Lesdits indicateurs étant harmonisés selon une nomenclature unique, en cohérence avec celles des statistiques publiques et des activités.
D’où une représentation très détaillée et évolutive de la filière. Lors de la plénière du 2 juillet dernier, organisations professionnelles et admi­nistrations ont confirmé d’ailleurs « la puissance de l’outil et sa pertinence ».

Objectif de l’outil VEM (Veille économique mutualisée) : réunir l’ensemble des indicateurs économiques de la filière forêt-bois sur une seule et même plateforme informatique. ©FBR/FBF/Plan Rapproché
Doc : VEM
Doc : VEM

Créer de la valeur ajoutée
En premier lieu, la VEM repose sur le principe de la mutualisation et de la centralisation de toutes les données disponibles, de l’amont à l’aval. Ensuite, elle autorise leur mise en cohérence à travers un tableau d’emplois et ressources ou TER5. Concrètement, les 56 branches (regroupement d’activités) de la filière sont renseignées en ligne et en colonne, d’où des croisements d’indicateurs délivrant des informations essentielles. « Lorsque la branche exploitation forestière croise celle de première transformation, l’utilisateur va trouver les consommations intermédiaires : achats de bois par les scieurs auprès des exploitants forestiers et ainsi de suite. Le grand atout de cet outil est de pouvoir tracer tous les échanges de biens, de produits, de services, au sein de la filière », détaille Éric Toppan. Et cela de branche à branche, et de l’amont vers l’aval. Il en découle une meilleure visibilité du secteur et anticipation des marchés – « savoir où se crée la valeur ajoutée » –, et des leviers sur lesquels agir pour créer de la richesse et développer des emplois. De même, des modélisations et simulations sont tout à fait envisageables, « par exemple, l’évaluation des impacts d’une augmentation de 5 % des investissements dans la filière sur les industries de première et deuxième transformations ».

Un site interactif
Autre avantage du dispositif : améliorer les informations sur certains produits tels ceux renseignés de manière trop abrégée ou sommaire dans les données des douanes. « L’équipe VEM et les organisations professionnelles concernées mènent ainsi une étude avec les douanes, afin de mieux connaître les produits importés et exportés, les quantités et donc mieux suivre les marchés extérieurs et les échanges de la France sur ces différents marchés. »
L’outil, en passe d’être opérationnel, sera réservé aux organisations professionnelles via un accès privé sur le site VEM filière forêt-bois d’ici à la fin de l’année. Sur ce dernier, ouvert, en revanche, à tous les publics : la nomenclature de la filière, une vue synthétique de ses données clés, son actualité économique, ainsi que trois types de tableaux de bord en cours d’élaboration qui délivrent des chiffres clés à chaque niveau de la filière. « Chacun peut de la sorte disposer d’une représentation fidèle de ses activités. De plus, tous ces chiffres seront actualisés chaque année. » Ce site a été pensé sur un mode interactif : la sélection d’une branche de la filière met en exergue toutes les interactions avec les autres branches. « Ainsi, pour la branche sciages bruts d’épicéa, vous saurez la quantité de grumes utilisées pour sa fabrication et, en fonction des données disponibles, des produits rabotés ou collés produits… Chaque fois, en euros et en mètres cubes. C’est une photographie à un instant T de toute la filière ! »
Les travaux se poursuivent, notamment sur les données du commerce extérieur. « Il faut bien comprendre que cet outil va vivre au quotidien. Il sera alimenté en permanence et mis à jour par l’équipe de la VEM », conclut Éric Toppan.

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1 Comité professionnel de développement des industries françaises de l’ameublement et du bois
2 Ministères : Agriculture et Alimentation ; Économie et Finances ; Transition écologique et solidaire ; Cohésion des territoires
sup>3Institut technologique Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement
4 Institut de prospective et d’études de l’ameublement
5 Un tableau d’emplois et ressources (TER) met en relief les quatre grandes masses suivantes : les emplois à long et moyen termes, les emplois à court terme, les ressources à long et moyen termes, les ressources à court terme.

Doc : VEM
Doc : VEM

Pour en savoir plus :
• codifab.fr
• fbie.org
• observatoire.franceboisforet.com
• agriculture.gouv.fr
• economie.gouv.fr
• ecologique-solidaire.gouv.fr
• cohesion-territoires.gouv.fr
Réf. FBF : 160E436
Budget FBF : 240 k€

Chiffres et clés de la VEM
• 24,6 milliards d’euros de valeur ajoutée (50 % dans la construction), soit 1,1 % du PIB de la France.
• 372 500 équivalents temps plein (ETP) en France, soit 1,37 % de la population active et 12,4 % des emplois industriels en France.
• 60 % des produits bois utilisés en France sont issus de la ressource forestière nationale et ont été élaborés et transformés sur le territoire : 63 % du bois d’œuvre, 40 % du bois d’industrie et 88 % du bois-énergie (contre 40 % pour la production industrielle). « Un pourcentage en augmentation ! »
• 30 % de la production de la filière partent à l’export, contre 55 % pour les productions manufacturières industrielles. « La filière est, en effet, davantage tournée vers son marché intérieur. Nous gagnerons des parts de marché en ciblant le marché international… Cela dit, il y a encore des parts à récupérer sur l’intérieur, notamment sur les produits destinés à la construction, un secteur qui reste la locomotive de la filière. Et quand le bâtiment va… la filière va bien. »