Manifeste de l’écoconstruction dans les Alpilles

Une vitrine du territoire et un projet exemplaire en matière de construction et de réhabilitation environnementales. Zoom sur le nouveau siège du parc naturel régional des Alpilles.

Implanté sur le parc arboré du domaine de la Cloutière, à proximité du centre de Saint-Rémy-de-Provence, le nouveau siège du parc naturel régional des Alpilles est composé d’une bâtisse datant du 18e siècle et d’une extension R + 2 qui en reprend l’alignement et le gabarit. Multiprimée*, cette réhabilitation et extension s’impose comme un modèle dans son approche environnementale.

Mise en place des caissons bois remplis de paille de blé comprimée, préfabriqués en atelier.

Maîtrise d’ouvrage : parc naturel régional des Alpilles
Mandataire maîtrise d’ouvrage : Impérium, puis Celsius et R2M
Architectes : Martine Bresson et Susanne Schindlbeck de Bresson Schindlbeck Architectes Associées (mandataires) ; Corrado De Giuli Morghen, de Fabrica Traceorum
Bureaux d’études : Gaujard Technologie, BET bois ; IGTech, BET fluides et thermiques ; Ecibat, BET béton
Entreprise isolation/doublage : Avias (13)
Coût des travaux : 2 900 k€ TTC

Le nouveau siège du parc naturel régional des Alpilles, composé d’un ancien bâtiment du 18e siècle et d’une extension moderne habillée de bois local. Photos : Giancatarina

Mélèze et pin d’Alep
Ici, les architectes associées du cabinet Bresson Schindlbeck se sont attachées à « ancrer le projet dans son territoire et à lui donner aussi une dimension “méditerranéenne” : nous avons cherché à établir un dialogue et une confrontation entre la matière ancienne, sa minéralité, et la matière contemporaine. Ainsi, le traitement avec une huile végétale blanche des tasseaux bois des extensions répond aux badigeons de chaux du vieux bâtiment dans une recherche de parenté ». Sans oublier la réinterprétation des dispositifs méditerranéens, comme l’épaisseur des murs, les protections solaires (volets, claires-voies, puits de lumière).
Les choix qui ont présidé à ce programme visaient la performance environnementale à travers une conception bioclimatique, la valorisation des ressources locales et des matériaux biosourcés, comme la ouate de cellulose ou, pour isoler le bâti existant, un complexe de chanvre, lin et coton. Ou encore le pin d’Alep de la forêt des Alpilles utilisé pour la vêture des extensions, les volets et une partie du mobilier, qui a permis de développer une filière locale d’approvisionnement. « Cette essence, encore jamais utilisée en construction, a été, depuis, certifiée bois de construction en avril 2018** », précisent les architectes. Pour la charpente en bois lamellé-collé, la structure poteaux-poutres et le solivage traditionnel, c’est un mélèze de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui a été retenu.

Isolation bois/paille
La particularité de ce projet réside également dans la technologie mise en œuvre sur le bâtiment neuf. À savoir des bottes de paille de blé comprimées dans des caissons bois en isolation répartie pour les murs et de l’ouate de cellulose projetée sous les planchers bois et dans les combles. Un procédé qui a autorisé la préfabrication en atelier des panneaux/murs de façade sur une double hauteur d’étage. Innovante, la technique a impliqué des adaptations au niveau de la maîtrise d’œuvre et des différents intervenants. « N’étant pas considérée à l’époque comme courante pour un bâtiment tertiaire et ERP (établissements recevant du public, NDLR) en R + 2 – et ce malgré la parution des règles professionnelles de construction en paille en 2012 –, il a fallu intégrer un bureau d’études techniques spécialisé en bois/paille à l’équipe, prendre un nouveau bureau de contrôle qui puisse valider les détails techniques. De plus, à la demande des assureurs, une formation à la construction paille a été nécessaire pour la maîtrise d’œuvre et les entreprises », détaillent les architectes.

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* Projet labellisé BDM Or (démarche Bâtiments durables méditerranéens), lauréat du Prix national de la construction bois 2019 catégorie Réhabilitation ; lauréat du Prix régional de la construction bois 2019 catégorie Travailler Accueillir, finaliste du prix du OFF du Développement durable 2018.
** Après une batterie de tests menés par le laboratoire Céribois suivant une procédure homologuée, la reconnaissance normative (NF B52-001*, actualisée en avril 2018) confirme la mise en œuvre du pin d’Alep en structure des bâtiments (charpente ou ossature bois). C’est le fruit de travaux initiés avec le soutien financier de France Bois Forêt, de l’État
et de collectivités locales.

ÉQUIPEMENT PUBLIC

Thème : Écoconstruction et écoréhabilitation
Essences utilisées : Pin d’Alep – Mélèze
EntrepriseS bois/PAILLE : Société Mouysset Frères (12)
Année de livraison : 2017
Lieu : Saint-Rémy-de-Provence, Bouches-du-Rhône, Provence-Alpes-Côte d’Azur
Site Internet, maîtrise d’ouvrage: parc-alpilles.fr

Du pin d’Alep issu de la forêt des Alpilles pour le bardage, les brise-soleil et les volets.
Un puits de lumière éclaire les circulations verticales des deux entités bâties et permet d’organiser l’ensemble des circulations. Il crée également une surventilation nocturne.