Le bois s’invite à Roland-Garros, temple du tennis français

Les 29 850 sièges des courts de Roland-Garros à Paris sont en bois. Qui plus est, un bois français avec une protection spécialement formulée pour l’occasion. Une première dans le monde et un pari audacieux de la Fédération française de tennis (FFT).

Le système de protection des assises et dossiers : une huile hybride appliquée en six couches au total, avec teinte légèrement grisée contre le jaunissement et antitanin saturé contre les remontées noires. ©Fédération française de tennis (FFT)
Logo, Roland Garros 2019, Photo : Amelie Laurin / FFT
Le système de protection des assises et dossiers : une huile hybride appliquée en six couches au total, avec teinte légèrement grisée contre le jaunissement et antitanin saturé contre les remontées noires. ©Fédération française de tennis (FFT)

Froideconche, la petite commune de Haute-Saône au pied des Vosges, sera désormais toujours liée à l’univers du tennis. C’est là en effet, dans les locaux du groupe Delagrave, aujourd’hui Société saônoise de mobilier, qu’ont été fabriqués les 29 850 sièges en bois des trois courts principaux du stade
Roland-Garros. Intention de départ : utiliser un matériau vivant qui fasse écho à l’environnement boisé et à la terre des courts de Roland-Garros. Autant dire que le bois avait ici toute sa place. « Il a une connotation d’authenticité et d’élégance, qui est cohérente avec notre ambition de faire de Roland-Garros le plus beau stade de tennis du monde, explique Perrine de Foucaud, cheffe de projet du nouveau Roland-Garros, Fédération française de tennis. Nous voulions que nos sièges deviennent un marqueur fort de notre identité. »

Multipli en chêne et châtaignier
La FFT revendique une démarche à responsabilité sociétale et environnementale (RSE) et avait donc certaines exigences, notamment la certification PEFC*. Encore mieux, ce bois certifié est français. Compte tenu des volumes, seule une partie du chêne est locale, le reste vient d’autres régions. « Nous avons travaillé avec des entreprises françaises qui ont l’habitude de se fournir sur le territoire. »
Le challenge en perspective était de taille ! « La particularité de ce projet est qu’il s’agit des premiers sièges en bois au monde à être utilisés en extérieur », souligne Laurent Fraioli, directeur de la Société saônoise de mobilier en charge de l’industrialisation des galettes (assises et dossiers). Plutôt que du bois massif, c’est un multipli qui est retenu, formé de deux essences – « celles réputées les plus résistantes en extérieur, c’est-à-dire le chêne et le châtaignier (classe 4, NDLR) », précise Laurent Fraioli. Ainsi, les deux essences alternent, sachant que le pli de châtaignier sera la face visible des galettes. « C’est juste un choix esthétique, le rendu du châtaignier nous convenait davantage », renchérit Perrine de Foucaud.

Froideconche, la petite commune de Haute-Saône au pied des Vosges, sera désormais toujours liée à l’univers du tennis. C’est là en effet, dans les locaux du groupe Delagrave, aujourd’hui Société saônoise de mobilier, qu’ont été fabriqués les 29 850 sièges en bois des trois courts principaux du stade
Roland-Garros. Intention de départ : utiliser un matériau vivant qui fasse écho à l’environnement boisé et à la terre des courts de Roland-Garros. Autant dire que le bois avait ici toute sa place. « Il a une connotation d’authenticité et d’élégance, qui est cohérente avec notre ambition de faire de Roland-Garros le plus beau stade de tennis du monde, explique Perrine de Foucaud, cheffe de projet du nouveau Roland-Garros, Fédération française de tennis. Nous voulions que nos sièges deviennent un marqueur fort de notre identité. »

Multipli en chêne et châtaignier
La FFT revendique une démarche à responsabilité sociétale et environnementale (RSE) et avait donc certaines exigences, notamment la certification PEFC*. Encore mieux, ce bois certifié est français. Compte tenu des volumes, seule une partie du chêne est locale, le reste vient d’autres régions. « Nous avons travaillé avec des entreprises françaises qui ont l’habitude de se fournir sur le territoire. »
Le challenge en perspective était de taille ! « La particularité de ce projet est qu’il s’agit des premiers sièges en bois au monde à être utilisés en extérieur », souligne Laurent Fraioli, directeur de la Société saônoise de mobilier en charge de l’industrialisation des galettes (assises et dossiers). Plutôt que du bois massif, c’est un multipli qui est retenu, formé de deux essences – « celles réputées les plus résistantes en extérieur, c’est-à-dire le chêne et le châtaignier (classe 4, NDLR) », précise Laurent Fraioli. Ainsi, les deux essences alternent, sachant que le pli de châtaignier sera la face visible des galettes. « C’est juste un choix esthétique, le rendu du châtaignier nous convenait davantage », renchérit Perrine de Foucaud.

Huile hybride contre le tanin
Le hic ? Lorsque les bois prennent l’humidité ou l’eau, le tanin remonte à leur surface et les noircit. Or aucun traitement spécifique, de type vernis, n’existait, l’usage outdoor étant, ici, totalement inédit. L’entreprise de Laurent Fraioli va donc développer, en interne, avec son propre fournisseur de vernis, une formulation adaptée. Soit une huile hybride appliquée en trois couches, dont la particularité est de former une seconde peau. Au préalable, les assises et dossiers reçoivent deux couches d’un primaire d’imprégnation pour bloquer le bois et le rendre étanche à l’eau. Les chants, parties les plus sensibles car les multiplis (superpositions de feuilles de bois) y sont apparents, reçoivent, quant à eux, un autre produit plus approprié. « L’atout de ce système de protection est sa dégradation progressive sans pelures ni craquelures, comme un vernis, et ce n’est pas laid ! » En outre, cette solution rend possible l’entretien sur site – il suffit de refaire une application. Verdict après cette dernière saison : « Nous les houssons, même si, laissés aux intempéries, ils résistent bien », atteste Perrine de Foucaud.
Et Laurent Fraioli de conclure : « La FFT a pris un gros risque, mais ça valait le coup. La forme a été très bien travaillée, on peut rester assis dessus plusieurs heures sans ressentir le moindre inconfort, et le rendu est une réussite ! »

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* La certification PEFC repose sur deux mécanismes complémentaires : la certification forestière et la certification des entreprises qui transforment le bois afin d’assurer la traçabilité de la matière de la forêt au produit fini (pefc-france.org). Voir article page 48.

Pas de prototype unique, juste un siège « du commerce » dont le mécanisme, constitué de simples mâchoires, permettait d’imaginer assise et dossier. Photo : Fédération française de tennis (FFT)

DES SIÈGES EN BOIS À ROLAND-GARROS

Thème : Installations artistiques
Essences utilisées : Chêne – Châtaignier
Entreprise : Concept D (70)
Années de livraison : 2018 et 2019
Lieu : Paris (16e arrondissement)
Site Internet maîtrise d’ouvrage : fft.fr

Maître d’ouvrage :Fédération française de tennis (FFT)
Fabricant : groupe Delagrave, nouvellement Société saônoise de mobilier, et sa filiale Concept D (conception de sièges pour salles de spectacle)
Nombre de sièges : 29 850