Festival de Chaumont-sur-Loire : un jardin extraordinaire

Pour sa 28e édition, le Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire, dans le Loir-et-Cher, qui se tient jusqu’au 3 novembre 2019, a retenu les « Jardins de paradis » comme thème. Et pour enchanter les 500 000 visiteurs attendus, une trentaine d’artistes du monde entier ont planché sur des décors paysagers. Parmi eux, un tandem de choc constitué de l’architecte designer David Bitton et du médiatique Philippe Collignon (le jardinier de Télématin, sur France 2), auteurs du projet « Eden », dont France Bois Forêt est partenaire. Ils retracent en images l’élaboration de leur labyrinthe circulaire, mêlant intimement le végétal et le bois.

Dessin préparatoire du projet par la peintre Hortense Häussling-Fourneau (hortense-haussling-fourneau.com).
Philippe Collignon, chroniqueur Télématin France 2, et David Bitton, architecte DPLG, le 3 mai 2019, jour de l’inauguration de « Eden », à Chaumont-sur-Loire.

Trois questions 100% bois à…

David Bitton, architecte designer, et à Philippe Collignon, paysagiste de formation, chroniqueur télé, tous les deux auteurs du projet « Eden ». 

Pourquoi désiriez-vous une structure en bois pour votre projet « Eden »?
David Bitton – J’ai choisi le bois parce qu’il symbolise la nature. Il opère une parfaite osmose avec la végétation du projet « Eden »… sous laquelle il est voué à disparaître.
Philippe Collignon – Parce que le bois est vivant, il se marie le mieux avec les végétaux, on peut le travailler facilement, jouer avec les perspectives. « Eden » laisse voir sa structure bois en contrebas, avec ses courbes.

Avez-vous souvent recours au bois dans vos réalisations ? Si oui, pourquoi ?
D. B. – J’utilise tout le temps le bois. J’adore ce matériau noble, je m’en sers beaucoup pour faire réaliser des meubles sur mesure. De même, dès que je peux le mettre en œuvre en extérieur, pour construire une maison par exemple, je n’hésite pas à le proposer à mes clients.
Ph. C. – Le bois est un matériau qui a une grande qualité d’âme. J’aime qu’il se patine avec le temps. Posé sur une terrasse, il nous relie à la Terre. En hiver comme en été, le bois offre la même température ; il est thermiquement intéressant pour les plantes. Mieux vaut pour elles un bac en bois plutôt qu’en zinc ou en terre cuite!

Quelles sont vos essences préférées ?
D. B. – Je préfère le chêne ! Sans hésiter. C’est une épure. Il a une forme de modernité qui « matche » harmonieusement avec mes projets. J’aime la simplicité de son veinage, qui s’inscrit pleinement dans les architectures les plus pointues.
Ph. C. – Le hêtre ! C’est un bois dur aux vertus particulières, un bois noble. Il a un joli port une fois adulte. Mon préféré…
le hêtre pleureur, dont les branches ploient avec le temps.

Votre création, « Eden », a suscité beaucoup d’émotion auprès du public. Que va-t-elle devenir après le Festival
de Chaumont ?
D. B. – « Eden » est un concept éphémère, voué à disparaître au bout de six mois. Mais, c’est confidentiel, nous pensons déjà à un « Eden 2 » (il pourrait être accueilli non loin de là, au château de la Bourdaisière, à Montlouis-sur-Loire, dans le parc de Louis-Albert de Broglie, NDLR).
Ph. C. – Oui, l’expérience a suscité beaucoup d’émotion auprès des visiteurs. Nous avons envie de la reconduire, de l’approfondir ailleurs, en plus grand encore…

L’ossature autoporteuse en Douglas de « Eden » : 11 m de diamètre, 4 m à son plus haut sommet.
Au cœur de la spirale, l’« arbre de vie » déjà en place.

Un grand merci à la société Monnet-Sève à Sougy-sur-Loire (58) qui a fourni le bois (10 m3), avec la « complicité » de Michel Druilhe, président de France Bois Forêt, et aux établissements Thillier à Mont-près-Chambord (41) qui ont assuré la fabrication et le montage. Au menu : pin Douglas pour l’ossature, épicéa pour le bardage, contreplaqué de peuplier pour les raidisseurs et la cloison du chemin vers « Eden »…

 Coulée verte et fleurie sous laquelle disparaît le bois. Au cœur de « Eden » ont été privilégiées les plantes « bibliques » : olivier, vigne, palmier, figuier. Pour que le voyage dans « Eden » soit parfumé, des grimpantes : rosier, chèvrefeuille, jasmin, clématite. Pour le mouvement, des graminées. Sans oublier, dans le bassin, des aquatiques immergées, semi-immergées, dépolluantes, filtrantes… « Eden » réunit 300 plantes au total !

Pour en savoir plus :
domaine-chaumont.fr