L’importance de la normalisation : l’exemple de l’emballage bois

La gestion des normes, leur écriture et leur révision sont un maillon fondamental pour permettre aux industriels d’être présents durablement sur les marchés. Les professionnels de l’emballage : palettes, cagettes, caisses et leurs représentants s’investissent au sein des commissions de normalisation de l’Association Française de Normalisation (Afnor), avec le soutien de France Bois Forêt. Explications.

L’Afnor est l’organisation officielle en charge des normes, de leur élaboration, de leur publication, de leur révision et de leur diffusion. Elle intervient pour des normes nationales, européennes, voire internationales. Elle s’inscrit dans l’intérêt général et affiche une ambition : contribuer à la diffusion de bonnes pratiques et de solutions efficaces, au bénéfice de tous. La normalisation se définit ainsi comme la recherche d’harmonisation et de paramètres communs pour faciliter les échanges et la vie économique, éviter les pratiques discriminatoires ou déloyales, garantir une libre concurrence et une qualité attendue par les clients consommateurs.

Norme et réglementation
La norme n’est pas à confondre avec la réglementation qui, elle, relève des pouvoirs publics. La réglementation est l’expression d’une loi, d’un règlement, et son application est imposée. Certaines normes découlent de la réglementation et sont alors d’application obligatoire (de l’ordre de 1 %). Les autres normes sont énoncées comme « volontaires » : s’y conformer n’est pas une obligation. Elles traduisent cependant l’engagement des entreprises à satisfaire un niveau de qualité et de sécurité reconnu et approuvé. Elles deviennent, de facto, imposées par le client et le marché. Et souvent, les normes viennent soutenir la réglementation en étant citées comme documents de référence. Dans le domaine normatif, il convient de distinguer :
• Les normes nationales, référencées NF, appelées à disparaître progressivement pour être remplacées par les normes européennes.
• Les normes européennes, indicées NF EN.
• Les normes ISO (International Standar­dization Organization) qui sont des normes internationales.

Le secteur d’activité de l’emballage représente 23 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit le 8e secteur industriel français. ©Sypal

La normalisation : émanation des professionnels
L’Afnor donne un cadre et des moyens. La normalisation repose ensuite sur l’engagement des professionnels, des entreprises et de leurs représentants, par secteur, pour proposer et adapter les éléments spécifiques à chaque domaine. Les normes sont « vivantes » : elles ne cessent d’évoluer en fonction des marchés, des innovations technologiques, des attentes des consommateurs et citoyens. D’où l’impérieuse nécessité d’être présents et impliqués dans les commissions de normalisation : il s’agit de défendre les positions françaises et européennes pour mieux vendre, assurer la sécurité des biens et des personnes, veiller à notre environnement. Un travail subtil, d’expertise et de consensus, qui demande du temps, de l’investissement et de la constance. Un engagement fondamental pour les entreprises du secteur, afin que les normes soient en accord avec leur réalité et leur quotidien.

Un passionné du bois à l’Afnor
La commission de normalisation de référence pour l’emballage est la Commission de Normalisation 8 (CN 8 Emballages) : elle traite de l’ensemble des emballages, quel que soit leur usage (alimentaire, léger, industriel…) et tous matériaux confondus. Ce secteur d’activité représente 23 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit le 8e secteur industriel français. Au sein de ce marché, la répartition par matériau se ventile comme suit : emballage plastique : 33 % ; papier carton : 31 % ; métal : 14 % ; verre : 14 % ; bois : 8 %.
Présent depuis toujours dans cette commission, le bois a récemment pris une place particulière avec l’élection de Patrice Chanrion, manager pôle professionnel Palettes au Sypal (Commission des métiers et services de la palette bois) au sein de la Fédération Nationale du Bois (FNB), à la présidence de la CN 8 Emballages de l’Afnor, en octobre 2017 et pour une durée renouvelable de 3 ans. Son rôle ? Animer les débats, garantir un bon fonctionnement d’ensemble toujours pour l’intérêt général et avec un souci de consensus entre produits et matériaux. Un rôle important, qu’il réalise avec conviction.

Base de fonctionnement : l’engagement de chacun
Outre Patrice Chanrion, deux industriels bénévoles portent la voix de la palette bois : André Gervais, de l’entreprise GLF Bois (74), et Jean Dossin, expert Marché du groupe PGS (Palettes Gestion Services, 76).
Pour le secteur de l’emballage léger en bois, c’est Olivier de Lagausie, délégué général du SIEL (Syndicat des Emballages Légers en Bois), appuyé par ses adhérents qui est en charge du sujet. Quant à l’emballage industriel,
il est représenté par Véronique Vlahakis, déléguée générale du SEILA (Syndicat de l’Emballage Industriel et de la Logistique Associée) et de ses adhérents. Interviennent également, en fonction de l’actualité et des besoins, des groupes d’experts matériaux et produits. FCBA apporte son expertise technique transversale. C’est bien l’engagement de tous qui permet au bois d’être si bien représenté.

Pour en savoir plus :
• afnor.org
• fnbois.com
• emballage-leger-bois.fr
• seila.fr
• fcba.fr

Dans le cadre de la Commission de Normalisation 8, une campagne de relevés en entreprises est menée par FCBA pour mesurer concrètement le dimensionnement des palettes produites par les industriels français. ©Sypal

PROGRAMME
Réf. FBF : 18RD825
Budget FBF : 20 k€

La normalisation : un système en perpétuel mouvement
La commission se réunit trois fois par an. Occasion, à chaque rencontre, de mettre à l’ordre du jour les évolutions souhaitées par les membres et de statuer, avec un réel souhait de consensus.
Les thèmes et évolutions proposés sont les témoins de l’évolution et des attentes du marché. Les sujets actuels abordent ainsi les diverses actualités : industrie du futur, robotisation, numérisation, préoccupations environnementales ou économie circulaire. Présider une commission permet d’avoir une vision globale et, chaque fois, de comprendre les avantages concurrentiels mis en avant par les uns et les autres.


Normes NF H03-003-1 et NF H03-003-2

À titre d’exemples, deux sujets ont été abordés quant à l’emballage bois en 2018.
Pour les emballages légers, les normes NF H03-003-1 et NF H03-003-2 ont été revues. Elles concernent les essais à réaliser sur les cagots et cagettes destinés aux fruits et légumes. La norme NF H03-003-1 détaille ainsi les essais à réaliser sur des emballages individuels de type plateau (tenue au poids, vibration), en tenant compte de l’évolution des références. La norme NF H03-003-2 a mis à jour, quant à elle, les programmes d’essais « à charge palette », c’est-à-dire lorsque ces emballages plateaux sont empilés et palettisés en vue de leur transport. Gerbage, choc par chute, vibration basse fréquence, choc horizontal : les essais à mener ont été redéfinis au regard des nouvelles réalités de marché (fréquence et complexité des transports) et de l’évolution des éléments de référence (normes ISO notamment). Pour cela, un groupe de travail composé du SIEL, du LNE (Laboratoire National d’Essai) et de FCBA a été missionné. Il a mis à jour ces référentiels d’essais et a présenté ses conclusions à la CN 8. Ces propositions, après discussion et commentaires des autres matériaux, ont été acceptées.
Concernant la palette, un travail préliminaire est en cours, qui pourrait amener à une proposition de révision de normes au sujet des tolérances de dimensionnement acceptables. Une campagne de relevés en entreprises est effectuée actuellement par FCBA pour mesurer concrètement le dimensionnement des palettes produites par les industriels français.
En fonction des résultats recueillis, plusieurs pistes pourront être proposées :
– la réalisation d’un « guide de bonnes pratiques », édité par l’Afnor, qui permettrait de détailler les tolérances dimensionnelles acceptables pour les palettes bois ;
– la proposition de révision de la norme, proposition qui devra être faite au niveau européen et recueillir l’accord de l’ensemble des États membres.
Ce dernier exemple est ainsi très représentatif de la philosophie de la normalisation : les représentants de l’industrie au sein des commissions sont garants de ces allers et retours entre ce qui est attendu par le marché et les consommateurs et ce qui est possible et réalisable par les professionnels. Chaque fois, il convient de poser la norme à un juste milieu, pour garantir, sans entraver.
Ce subtil dosage entre méthodologie normative et expertise métier s’acquiert par l’expérience et un engagement durable dans les organes dédiés, engagement qui se fait dans l’intérêt des professionnels et avec le soutien de l’Interprofession nationale France Bois Forêt.