Produits biosourcés : le bois dans la norme

Le bois, un produit bio­sourcé ? Si la réponse est évidente, encore faut-il œuvrer en faveur du matériau, notamment dans le cadre des travaux de normalisation européenne dédiés aux biosourcés. Une démarche à laquelle l’Institut technologique FCBA*, via le BNBA**, participe activement, avec le soutien de France Bois Forêt.
Si les produits biosourcés issus de la sylviculture et de l’agriculture sont utilisés depuis longtemps, on a assisté, au cours de ces dernières décennies, à l’émergence sur le marché de nouvelles solutions biosourcées, notamment pour les emballages en plastique. Face à cette évolution, il était indispensable de constituer un cadre normatif commun à l’ensemble de ces produits. La Commission européenne a donc sollicité le Comité européen de normalisation (CEN) pour que des travaux de normalisation soient développés. Un comité technique consacré aux produits biosourcés a été créé, le CEN/TC 411, et des groupes de travail spécifiques Afnor se sont mis en place. Groupes de travail dans lesquels le Bureau de normalisation du bois et de l’ameublement (BNBA) est bien sûr impliqué, grâce au soutien de France Bois Forêt, l’objectif étant de faciliter la prise en compte dans la norme des spécificités liées aux matériaux à base de bois. « Il s’agissait non seulement de participer à la rédaction des normes, mais aussi de proposer des méthodes de détermination du contenu biosourcé des produits qui soient les plus adaptées au bois », explique Frédéric Henry, directeur du BNBA.

Une question de vocabulaire

Photo : lecontreplaque.com/Rougier

Il est important de comprendre ce que recouvre le terme « produit biosourcé » et comment il est utilisé. Selon la définition de la Commission européenne, un produit est dit biosourcé lorsqu’il est entièrement ou partiellement issu de la biomasse. Ainsi, un béton qui contiendrait une infime partie de matière biosourcée serait considéré comme tel, au même titre que le bois. D’où la nécessité de caractériser la quantité de biomasse contenue dans le produit. Cela peut se faire par le biais de sa teneur biosourcée*** ou de sa teneur en carbone biosourcé**** par exemple. À cela s’ajoutent la question de la durabilité du matériau et celle de son impact environnemental, lesquelles peuvent être évaluées par une analyse du cycle de vie (ACV).

 

 

 

 

 

 

Des méthodes plus accessibles

Une étude réalisée par FCBA sur les panneaux bois a mis en évidence l’intérêt de procéder à un calcul de la teneur biosourcée d’un matériau par son « bilan massique ».
Photo : Pavatex

L’Institut technologique FCBA a mené plusieurs études pour mettre au point des méthodes de calcul du contenu biosourcé d’un produit. « L’enjeu était important car il fallait que la norme adopte des méthodes qui soient applicables aux matériaux à base de bois et ne les défavorisent pas », explique Frédéric Henry. Ces études ont permis de mettre en évidence que la méthode utilisée jusqu’ici, celle de l’analyse par datation au carbone C14, ne convenait pas aux produits à base de bois. « Cette méthode prend comme étalon une noisette cueillie dans l’année. Or cet étalon n’est pas adapté au matériau bois. On trouve donc des résultats aberrants, tant pour les panneaux que pour les autres produits en bois », précise le directeur du BNBA. FCBA a donc travaillé à mieux corréler les méthodes d’essai avec le contenu en biosourcé. Il a proposé des solutions alternatives, comme, par exemple, la méthode d’analyse isotopique basée sur un calcul du bilan massique, ou la méthode de comptabilisation qui évalue les flux entrants et sortants d’un procédé de production en analysant le contenu biosourcé pour chaque matériau. « Plus efficaces et plus conformes à la réalité, ces méthodes présentent un autre avantage de taille pour les industriels : elles sont plus faciles à appliquer et moins coûteuses. »
Car l’objectif est bien de défendre les intérêts de la profession dans les choix à faire concernant l’affichage des produits et les critères des futures certifications. Adoptée récemment, la norme NF EN 16848 devrait être publiée entre fin 2016 et début 2017. Elle va permettre aux industriels de la filière forêt-bois d’afficher clairement la teneur biosourcée de leurs produits. Un atout majeur, notamment dans le cadre du label Bâtiment Biosourcé pour lequel il sera nécessaire de prouver l’aspect biosourcé du produit.

Pour en savoir plus :
fcba.fr
certivea.fr