La filière forêt-bois se dote d’un livre blanc

 En amont des prochaines échéances électorales, la filière forêt-bois a adressé un livre blanc aux candidats. Fruit d’un travail conjoint de France Bois Forêt et de France Bois Industries Entreprises, Les enjeux de la filière Forêt-Bois pour les élections nationales en 2017 présente les grands défis de demain et propose sept mesures pour les relever.
Forte de 440 000 emplois directs et indirects, la filière forêt-bois représente un tissu industriel local dense, regroupé autour d’organisations professionnelles qui maillent l’ensemble du territoire. Elle s’organise aujourd’hui autour d’une politique d’avenir intégrant l’innovation, l’écologie et les marchés. Son rôle majeur, tant au niveau national qu’international, est rappelé par le livre blanc, document adressé aux différents candidats à l’élection présidentielle et aux élections législatives et sénatoriales. Vers une stratégie globale Après une présentation de l’organi­sation de la filière avec les chiffres clés qui la caractérisent, le livre blanc expose ses objectifs : il s’agit de bâtir une stratégie globale et d’améliorer la compétitivité des entreprises. Cette stratégie passe par la mise en place d’une mutualisation des efforts et des collaborations entre professionnels publics et privés de la construction. Unité, complé­mentarité et citoyenneté constituent les trois dynamiques qui permettront de mieux relever ces défis. Des propositions concrètes Le livre blanc développe ensuite les mesures nécessaires. À travers ce document, destiné à interpeller les décideurs publics à propos du formidable potentiel que représentent la forêt et le bois, nous demandons aux candidats de se positionner et de s’engager sur ces sept mesures clairement identifiées. Retrouvez le contenu de celles-ci dans les pages suivantes.
Le livre blanc Les enjeux de la filière Forêt-Bois pour les éléctions nationales en 2017 est télé­chargeable ici . Le document a été diffusé à 20 000 exemplaires avec La Lettre B n° 21, de février 2017. 16 000 exemplaires ont également été encartés dans Le Bois International d’avril 2017.

Nos 7 demandes aux futurs responsables publics
Les responsables de la filière Forêt-Bois attendent des engagements et des mesures clairs de la part des responsables publics pour
1. Valoriser la ressource bois nationale et encourager les usages sectoriels non délocalisables
Nos demandes :
• créer un poste de délégué interministériel Forêt-Bois auprès du Premier ministre, garant d’une stratégie de filière partagée par l’ensemble des ministères,
• obtenir des engagements des bailleurs publics et privés pour favoriser l’usage du matériau bois dans la construction et l’aménagement urbain

2. Soutenir l’attractivité des métiers du bois et préserver les savoir-faire industriels et forestiers
Nos demandes :
• reprendre et étendre le modèle de la GPEC ou des EDEC territoriaux selon le choix de chaque branche,
• réinvestir dans la formation à la foresterie française et aux métiers de la filière,
• financer et agir en faveur de la relocalisation de l’industrie de transformation du bois en France.

3. Accéder plus facilement et intensifier les dispositifs publics de soutien à l’investissement/innovation
Nos demandes :
• faciliter l’accès au PIA et intensifier l’action de Bpifrance en faveur de la filière Bois sur le modèle du Fonds Bois,
• préserver les financements du FCBA ou des CTI,
• créer un dispositif de provision pour investissements pour accélérer l’investissement,
• prolonger le dispositif de suramortissement,
• conforter la recherche forestière et la sylviculture.

4. Favoriser la compétitivité des entreprises, notamment les TPE et PME
Nos demandes :
• les dispositifs d’allègement des charges sociales doivent être pérennisés et simplifiés,
• les dispositifs type CICE relatifs à la baisse des charges sociales doivent dynamiser et ouvrir la voie à la conquête de nouveaux marchés pour la filière.

5. Simplifier et ne pas “sur-transposer” les directives européennes
Nos demandes :
• ne pas aggraver le déficit de compétitivité de la filière française par des normes trop contraignantes et lancer un audit sur l’ensemble des surtranspositions (exemples : poussières de bois, formaldéhyde, etc.),
• inscrire à l’agenda communautaire l’élaboration d’une directive européenne définissant les matériaux renouvelables.

6. Valoriser les aménités positives de la filière et engager une initiative massive de replantation
Nos demandes :
• rendre active la taxe carbone à 30 €/t de CO2, associer la filière aux évolutions de cette taxe, rendre opérationnel le marché carbone européen,
• pour porter l’urgente nécessité de replanter et assurer le renouvellement des forêts de demain : flécher 1 €/t de carbone de la CCE2 vers la filière et abonder le fonds stratégique de la forêt et du bois à hauteur de 150 millions d’€/an3.

7. Encourager de nouvelles formes de mécénats
Nos demandes :
• encourager les entreprises françaises à investir en mécénat ou par des aides à la compensation carbone dans la replantation,
• associer l’état et les professionnels de la filière à un dialogue sur la bioéconomie,
• favoriser les actions vertueuses dans la filière Forêt-Bois grâce à des mécanismes innovants de compensation carbone pour les entreprises émettrices.