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Foretdata : un observatoire de la ressource forestière

Publié Publié dans La Lettre B

Foretdata est le prolongement de la plateforme de suivi de travaux de nettoyage et de reboisement de la forêt mise en place à la suite de la tempête Klaus. Soutenu financièrement par France Bois Forêt, ce programme a pour finalité la création d’un observatoire global de la ressource forestière et la valorisation des informations auprès des différents professionnels. Le point avec Julia Morin, responsable du projet au GIP ATGeRi.

Transbois, cartographie numérique pour le transport du bois.

Quel est l’objectif premier de ce projet ?
En réalité, il y en a deux. D’une part, soutenir la compétitivité des entreprises en leur facilitant la gestion de leurs chantiers forestiers au quotidien. Notamment en les accompagnant dans leurs démarches administratives. D’autre part, il s’agit de nourrir un observatoire de l’activité forestière, selon le modèle que nous avons mis en place durant la tempête Klaus. Foretdata nous permet ainsi de comptabiliser le nombre de chantiers réalisés chaque année, les surfaces exploitées, celles reboisées… Ce qui donne une vue des grandes tendances de la qualité forestière. Et c’est pour cette raison que les financements proviennent à la fois de structures publiques et privées.

Comment l’information est-elle partagée ?
Entre salariés d’une même entreprise, mais également entre les donneurs d’ordre et les sous-traitants. Ces échanges se font par la plateforme Foretdata ou par mail… Concrètement, les donneurs d’ordre effectuent un travail de saisi de l’information et vont ouvrir ainsi les droits sur ce chantier à leurs sous-traitants. Ces derniers peuvent ainsi accéder à ces données, les modifier si besoin, et procéder ensuite à la déclaration de leur chantier sur la base saisie au préalable par les donneurs d’ordre. L’essentiel de la démarche est fait, ils n’ont plus qu’à vérifier et à transmettre leur déclaration. En outre, la transmission d’informations s’effectue aussi entre donneurs d’ordre, collectivités, administration, gestionnaires de zonages environnementaux ou de voierie, etc

Pouvez-vous préciser le type d’informations partagées ?
Prenons un chantier forestier lambda.
L’information est partagée entre les entreprises et les collectivités, les gestionnaires de zonage. Les forestiers vont transmettre les données sur leur chantier – date, lieu, volume de bois concerné, zone de dépôt… Cette concertation permet, par exemple, aux collectivités de rectifier si ces prévisions s’avèrent inopportunes par rapport à la situation, au contexte géographique, etc. L’intérêt est donc d’ouvrir le dialogue, d’instaurer des échanges entre les différents intéressés et, par ricochet, de détendre les relations entre ces derniers. Sur certains secteurs, l’exploitation du bois est mal perçue et source de tension, parfois simplement parce que les collectivités n’étaient pas averties de la tenue d’un chantier à tel endroit. Les forestiers apportent donc de la transparence. Et les retours des entreprises qui travaillent avec nous sont positifs.

Donc ce suivi est vécu comme une aide précieuse ?
Pour les pouvoirs publics, oui, car ils n’ont qu’à récupérer l’information. En plus, l’accès à notre portail leur offre une vue globale de tous les chantiers déclarés par
Foretdata sur leur territoire.

Nous en arrivons au deuxième objectif…
L’information en masse collectée sur Foret­data nous donne des repères sur l’activité forestière française. Ainsi, en 2020, 10 000 chantiers sur 100 000 hectares ont été enregistrés en Nouvelle-Aquitaine, une région où nous sommes historiquement bien implantés (Cf. tempête Klaus, NDLR). Aujourd’hui, personne n’a une représentation consolidée de ce qui se passe sur le territoire forestier. Celle de Foretdata n’est pas exhaustive, il faudrait déployer davantage ce dispositif.

Quels sont les points forts de ce programme ?
Foretdata est un gros rapporteur de données. En les mettant en commun avec d’autres projets, tels que l’Observatoire de la reconstitution de la forêt à la suite de la tempête Klaus, ou avec des structures en charge des reboisements, il permet d’alimenter, par exemple, la cartographie dédiée aux jeunes peuplements. Laquelle est valorisée aujourd’hui dans l’Observatoire des territoires, dont la mission est de trouver un équilibre par rapport aux dégâts de gibier. On peut ainsi déterminer les territoires à protéger en priorité. 
Une valorisation possible également dans d’autres thématiques, telles les logiques d’urbanisme.

Quels sont les outils mis en place ?
Nous avons une visionneuse cartographique pour dessiner les chantiers
forestiers sur lesquels les entreprises interviennent. Elle permet aussi de consulter des couches cartographiques, essentielles à leur gestion, et donne accès aux flux d’informations produits par l’IGN avec fonds de cartes (scan 25), photo aérienne, cadastre… En prévision, les zonages régle­mentaires à respecter de type Natura 2000, ceux de protection du patrimoine, susceptibles de les impacter également… Ces couches cartographiques disponibles alertent sur les précautions à prendre ou non par rapport à ces multiples zonages. L’avantage de cette visionneuse est de rassembler toutes ces informations : un gain de temps, plus besoin de se connecter sur les différents sites internet.

Pour en savoir plus :
gipatgeri.fr
franceboisforet.fr

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