Nouvelle-Calédonie : vers une adaptabilité au changement climatique

Préserver et restaurer les écosystèmes insulaires, renforcer leur résilience face au changement climatique, via des dispositifs de financement innovants et durables. C’est la finalité du projet Resccue*, mis en œuvre par la Communauté du Pacifique Sud (CPS). Zoom sur un des sites pilotes, dans la province Sud de Nouvelle-Calédonie.

Financé par l’Agence française de développement (AFD) et le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) et opérationnel depuis 2015, le projet Resccue a été déployé sur des sites pilotes en pays océaniens qui développent des activités en lien avec leur écosystème (reforestation, tourisme durable, etc.). L’un d’entre eux, situé dans la province Sud de Nouvelle-Calédonie, vise trois orientations prioritaires : restauration des écosystèmes altérés pour un environnement plus résilient ; maintien du bien-être des populations locales via une gestion à long terme des milieux naturels et de leurs services ; développement durable du tissu économique (sylviculture, tourisme de nature, activité minière…).
Très marqués par l’exploitation minière et forestière de la fin du 19e siècle au début du 20e, les massifs forestiers du grand Sud ne représentent plus que 20 % de leur surface initiale, soit quelques inclusions de forêts disséminées dans un paysage de maquis. Une fragmentation telle que la seule protection ne suffisait plus.
Il s’agissait de rétablir un lien écologique entre ces fragments, ainsi qu’avec les réservoirs forestiers voisins, telle la Côte Oubliée**. De même, différents scénarios d’élargissement du réseau actuel d’aires protégées ont été établis afin que la forêt reprenne peu à peu sa place et puisse jouer son rôle (régulation des cours d’eau, régulateur d’érosion, réservoir naturel de bois, patrimoine culturel).
En outre, Resccue a accompagné la province Sud et les professionnels concernés dans la mise en œuvre d’un plan de protection contre l’incendie du massif forestier du Grand Sud. Avec, entre autres, le financement de citernes d’eau et l’organisation de guetteurs mobiles pour déceler les départs de feu.

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* Restauration des services écosystémiques et adaptation au changement climatique : mis en œuvre par les bureaux d’études Bio eKo, ONF International, Vertigo Lab, sous la tutelle de la CPS et de la Province.
** Avril 2019 : création du parc provincial de la Côte Oubliée (98 000 ha de terre et 29 000 ha de zone marine).

AILLEURS : cette rubrique est destinée à vous faire partager les actions innovantes, originales, voire exemplaires, mises en place dans nos lointains et si proches espaces forestiers d’outre-mer.