Se former pour mieux gérer sa forêt

Pierre Desmonceaux anime un stage organisé par l’association Fogefor du Rhône. Photo : Fogefor

Créées il y a plus de trente ans, les formations Fogefor apportent aux propriétaires forestiers privés les compétences nécessaires à une gestion optimisée de leur patrimoine. Les financements alloués par France Bois Forêt depuis 2009 ont permis d’augmenter le nombre de stages dispensés.
Savoir produire et récolter du bois pour dynamiser la filière, tel est l’intitulé du système de formation mis en place par la cellule Fogefor*. Depuis sa création, plus de 23 000 personnes ont participé à ces stages. « Quel que soit leur niveau de connaissances, les participants cherchent à acquérir des compétences sur la manière de mieux gérer leur forêt pour mieux la valoriser et mieux la protéger », explique Isabelle Flouret, animatrice nationale des Fogefor. Deux catégories de formations sont proposées : des stages généralistes, d’une durée variable, qui s’adressent à des débutants, et des stages spécialisés de différents niveaux destinés, eux, à des propriétaires ayant déjà suivi une formation initiale.

Florence Gascon (voir page précédente), lors de son stage avec le CRPF de la Loire.

Répondre aux attentes du terrain
Renouveler et gérer ses peuplements, choisir ses essences, mettre en marché ses bois, établir son document de gestion durable… les thèmes abordés couvrent les phases fondamentales de la gestion et de la mobilisation des bois. « La demande porte surtout sur la façon de réaliser son plan de gestion et sur les nouvelles technologies permettant, par exemple, de cartographier plus précisément ses parcelles », précise Isabelle Flouret. Les animateurs issus des CRPF (Centres régionaux de la propriété forestière), de coopératives forestières ou même de syndicats, sont en contact régulier avec des propriétaires, ce qui permet de définir des programmes de formation en phase avec les besoins du terrain. D’un territoire à l’autre, les attentes ne sont pas les mêmes : « Les thèmes varient selon les particularités et les activités de la région, de même que la durée des formations », ajoute Isabelle Flouret.

Gérard Colomb, directeur de la scierie Colomb, à Monsols (69), fait visiter son entreprise à un groupe de stagiaires.

Changement climatique
Progressivement, face aux préoccupations sanitaires croissantes, les questions relatives à l’impact du changement climatique sur la forêt sont approfondies. « Des formations existaient déjà sur le choix des essences par exemple, mais il s’agit aujourd’hui d’aller plus loin en proposant une vision prospective des conséquences du réchauffement de la planète sur la forêt française. » Ainsi, les effets de la sécheresse sont étudiés de près : dans les secteurs où des dépérissements se font déjà sentir, des formations sont proposées sur la façon de réaliser un diagnostic d’avenir des arbres. « On apprend par exemple que conserver les gros arbres n’est pas forcément la bonne solution, mais qu’il vaut mieux tabler sur des diamètres plus petits en adoptant un rythme d’intervention plus soutenu », explique Isabelle Flouret. Chaque année, une cinquantaine de stages regroupant un effectif total de plus de 900 stagiaires sont organisés partout en France. Des chiffres qui se maintiennent grâce, notamment, aux financements alloués par France Bois Forêt, l’interprofession nationale apportant une aide pouvant aller jusqu’à 50 % du budget total pour les stages cofinancés par le CNPF
et FBF.
Pour en savoir plus : cnpf.fr