Thermique d’été : l’inertie en question

Siège du groupe Noble Âge à Vertou (44). Agence Christophe Bailleux Architecte.
Photo : Atlanbois

Mieux prendre en compte les spécificités de l’ossature bois en matière de confort d’été, c’est l’objectif de l’étude « Thermique d’été Bois ». Confiée à FCBA, elle est cofinancée par France Bois Forêt, le Codifab et le ministère de l’Écologie.
Si la construction à ossature bois est reconnue pour ses performances thermiques d’hiver, son inertie thermique, jugée trop légère, est pointée du doigt lorsqu’il s’agit de confort d’été. Un écueil que l’on peut éviter en ajoutant de la masse du côté intérieur (plancher lourd, plaques de plâtre supplémentaires…), mais la solution pénalise le bois du fait de son coût et des contraintes engendrées. « On pourrait tout à fait se passer de l’adjonction de masse supplémentaire, à condition de revoir les méthodes de calcul issues de la réglementation thermique actuelle qui ne prennent pas, ou mal, en compte les qualités intrinsèques des systèmes constructifs bois », explique Sylvain Boulet, ingénieur de recherche en thermique, énergétique et confort à l’institut FCBA.

Accueil périscolaire Cœur de Tendon (88). Haha Atelier d’Architecture.
Photo : Plan Rapproché/FBR/FBF

Changer de classe
C’est pour favoriser cette meilleure intégration des particularités du bois que le Projet Thermique d’été Bois a été lancé en 2014. Cofinancée par France Bois Forêt, le Codifab et le ministère de l’Écologie, menée par FCBA, en collaboration avec le CSTB, Nobatek et le Cerema (ex-Cete Sud-Ouest), l’étude a pour ambition de proposer une méthode plus appropriée pour le calcul d’inertie dans les règlements thermiques. « Il s’agit de mettre en avant les paramètres spécifiques à l’ossature bois comme la présence d’une lame d’air ou la capacité de stockage et de restitution de l’humidité », précise Sylvain Boulet.
La méthode de calcul actuelle fait par ailleurs l’hypothèse de l’homogénéité des différentes couches d’éléments qui composent une paroi. Or cette dernière hypothèse n’est pas adaptée au système constructif à ossature bois intrinsèquement hétérogène. Les montants de l’ossa­ture ne sont pas pris en compte, alors qu’ils ont un impact non négligeable : ainsi, dans certains cas, le passage d’un entraxe de 600 mm à un entraxe de 400 mm entre montants peut permettre de gagner une classe d’inertie !

Panneaux à ossature bois dans leur atelier de préfabrication.
Photo : Plan Rapproché/FBR/FBF

Modélisations et tests en réel
La première phase du Projet Thermique d’été Bois s’est achevée mi-2015. Elle visait à faire un état des lieux du comportement des bâtiments à ossature bois en confort d’été vu par la réglementation thermique actuelle. En se basant sur un recensement de différentes parois et bâtiments ossature bois, associé à une collecte des données, un grand nombre de configurations de bâtiments a été modélisé à l’aide d’un logiciel de calcul intégrant la réglementation thermique 2012 pour des maisons individuelles ainsi que pour des bâtiments collectifs. Ces travaux ont permis de confirmer la nécessaire adaptation des méthodes de calcul réglementaire. La deuxième étape du projet, qui devrait aboutir à l’automne 2016, vise à déterminer les paramètres et les phénomènes physiques propres à l’ossature bois peu ou pas pris en compte dans le calcul RT et à caractériser leur impact sur le confort d’été. Cette tâche s’appuie non seulement sur des modélisations, mais aussi sur des essais à l’échelle de la paroi, réalisés dans les cellules climatiques de FCBA à Bordeaux. « Au vu de l’ensemble
de ces analyses, il s’agira de faire des préconisations pour une éventuelle révision de la réglementation », ajoute Sylvain Boulet. Les résultats de l’étude pourraient en effet servir de référence si l’évolution réglementaire prévue dans le cadre de l’application de la loi pour la transition énergétique incluait une évolution des exigences en matière de confort d’été. L’optimisation des solutions bois serait alors à réévaluer dans ce nouveau cadre.
Pour en savoir plus :
fcba.fr