Les chartes forestières évoluent

Le soutien de France Bois Forêt va permettre l’organisation des Rencontres nationales des territoires forestiers, un événement qui se déroulera à la fin de 2016 ou au début de 2017.
Photo : Professions Bois

140, c’est le nombre de chartes forestières de territoire (CFT) enregistrées début 2016. Un bilan positif pour ces dispositifs accompagnés par la FNCOFOR, et ses unions régionales, et soutenus par France Bois Forêt.
Les chartes forestières de territoire (CFT) sont des démarches d’aménagement du territoire qui permettent, dans une optique de développement, de valoriser la ressource locale et multifonctionnelle que constitue la forêt. Qu’il s’agisse d’enjeux économiques, sociaux ou environnementaux, la charte forestière concrétise des objectifs stratégiques et des actions opérationnelles, dans le cadre d’un dialogue avec les partenaires du territoire. Issus de la Loi d’orientation forestière de 2001, ce dispositif connait depuis lors un vif succès et couvre aujourd’hui une super­ficie forestière de près de 5 millions d’hectares. Leur essor correspond à l’entrée de la forêt dans les politiques des territoires, puisqu’elles sont portées par des communautés de communes (32 % des projets), des pays ou pôles d’équilibre territoriaux et ruraux (32 %), ou des parcs naturels régionaux (19 %).
Quelles actions ?
Depuis leur émergence, les CFT ont mené une diversité d’actions correspondant à la variété des territoires, des contextes forestiers et des volontés locales. Trois thématiques apparaissent comme prioritaires : la transformation et la valorisation du bois ; la mobilisation et la commercialisation des bois ; le suivi, l’animation et l’évaluation (travail de coordination du programme de la CFT par le maître d’ouvrage et de communication). Les chartes forestières s’attachent donc en priorité aux sujets économiques et mobilisent les partenaires de la filière forêt-bois. Les projets qu’elles accompagnent génèrent des investissements conséquents pour des réalisations concrètes dans les territoires. D’autres thématiques sont abordées qui cherchent à mettre en valeur la multifonctionnalité forestière comme, par exemple, les loisirs et le tourisme en forêt ou l’environnement et la bio­diversité.
Vers une approche de filière
« Avec le bouleversement du contexte territorial et l’incertitude sur l’attribution des fonds européens, le nombre de projets de CFT a ralenti depuis un peu plus d’un an, constate Alice Séqué-Weill, chargée de mission politiques forestières territoriales à la FNCOFOR. Mais ces démarches volontaires et volontaristes ont souvent permis aux territoires d’acquérir une maturité sur les enjeux forêt-bois, menant à des réa­lisations concrètes. » Pour preuve, de nombreuses CFT ont renouvelé leur programme d’actions, parfois à plusieurs reprises. L’occasion de les réorienter ou d’en mener de nouvelles. « La démarche va vers plus de transversalité et de mutualisation des actions », précise Alice Séqué-­Weill. Les chartes évoluent aujourd’hui pour mieux se connecter avec les autres projets portés par les collectivités : transition énergétique (PCAET, Tepos…), planification (SCOT et PLUi, PLU), développement local (démarches Leader) sont aujourd’hui des thèmes porteurs qui intègrent le travail mené par les CFT.
Les CFT en chiffres
Les CFT représentent aujourd’hui :
• une superficie de près de 13 millions d’hectares, soit près de 23 % du territoire métropolitain ;
• une superficie forestière de 5 millions d’hectares, soit 32 % de la forêt
métropolitaine dont 68 % de forêts privées ; 17 % de forêts des collectivités ;
• 11 % de forêts domaniales ;
• 6 800 communes sont aujourd’hui concernées par la démarche.