Le pin d’Alep, une ressource pour construire

Au-delà d’une indispensable qualification, il s’agissait de créer une dynamique de valorisation du pin d’Alep impliquant l’ensemble des acteurs au niveau régional.
Photo : Joël Behr – Fotolia.com

Essence pionnière du littoral méditerranéen, le pin d’Alep a fait l’objet d’une étude cofinancée par France Bois Forêt. Objectif : lever les freins à son utilisation en bois d’œuvre.
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le pin d’Alep couvre une surface de 223 000 hectares, soit 37 % de plus qu’en 1975, année des premiers résultats de l’Inventaire Forestier National (IFN). Avec une production de 530 000 m3/an, cette essence est largement sous-exploitée.
Sa valorisation pourrait passer par des produits de sciages, à condition de doter le pin d’Alep d’outils de qualification rendant possible son utilisation dans le bâtiment. Les règles de construction imposent en effet de pouvoir calculer les éléments de structure et de recourir à des produits normés. C’est pour répondre à ces enjeux qu’a été lancé, en 2014, un programme de valorisation du pin d’Alep, avec l’aide financière de France Bois Forêt. Pour conduire ce projet, les propriétaires forestiers publics et privés et leurs opérateurs pour la gestion se sont réunis au sein de France Forêt Paca.
Où en est-on ?
Le programme se décompose en trois phases : une étude documentaire et de synthèse ; la mobilisation des professionnels de la filière et la redynamisation de l’image du pin d’Alep auprès des maîtres d’ouvrage ; la qualification du matériau et son inscription dans les référentiels normatifs. Sur le premier volet, une banque de données est aujourd’hui accessible en ligne, sous forme de bibliographie, de thésaurus, de fiches de synthèses et d’accès libre aux études et publications répertoriées. Concernant le deuxième volet du projet, un plan d’émergence et de structuration de la filière a été engagé, en collaboration avec les professionnels, afin de promouvoir l’usage du pin d’Alep en bois d’œuvre. Enfin, concernant la question de la qualification, les essais mécaniques sont terminés, et la commission de normalisation a pris connaissance du dossier en novembre dernier. Elle fera connaître sa décision lors de sa prochaine séance, prévue fin mars. La perspective d’usage en bois d’œuvre a, par ailleurs, été évoquée lors du colloque « Construire en bois », organisé par Le Moniteur en décembre 2016. Enfin, la diffusion grand public de l’ensemble des résultats est prévue après la décision de la commission de normalisation. Elle fera l’objet d’une présentation médiatisée fin mars ou début avril 2017.
Pour en savoir plus :
inventaire-forestier.ign.fr
ofme.org