Porté par l’institut technologique FCBA et l’éco-organisme Écomaison, le programme Identidech s’inscrit dans un objectif de maîtrise de la qualité et d’augmentation des sources d’approvisionnement pour l’industrie du panneau. Il vise à améliorer le tri et, de ce fait, la valorisation du bois recyclé. Ses premiers résultats sont prometteurs.
Les déchets de bois représentent un gisement important de produits valorisables. En 2025, une étude de l’Ademe estimait à près de 7,4 millions de tonnes le poids de déchets de bois collectés, notamment en centres de tri, plateformes et déchetteries. La majorité des bennes collectées sont constituées de résidus de différentes origines et classes, dégradant les valorisations possibles, notamment pour le recyclage en panneaux de particules. La qualité est amenée à progresser avec la mise en place de méthodes de caractérisation de déchets issus de l’ameublement, de la déconstruction, du bricolage ou des jouets usagés. Pour doper le rendement de valorisation matière en orientant les qualités selon le cahier des charges de l’utilisation future des déchets, l’amélioration de la performance du tri en amont est capitale. C’est tout l’objet du programme de recherche Identidech.
Identification des adjuvants
Ce projet, coordonné par FCBA et intégrant le Critt Bois (Centre régional d’innovation et de transfert de technologies) pour les industries du bois et le Lermab (Laboratoire d’études et de recherche sur le matériau bois), vise à développer un outil de caractérisation du bois post-consommation. « L’objectif principal, souligne Michaël Lecourt, responsable de l’équipe InTechFibres à l’institut technologique FCBA, est de qualifier et quantifier les contenus en adjuvants de déchets bois. In fine, l’objectif est d’éviter que des produits non adaptés ne se retrouvent dans les matières premières à destination de l’industrie du panneau de particules. » Lors de la première année du programme, les chercheurs ont caractérisé des échantillons calibrés d’une matériauthèque à l’aide de technologies non destructives : la fluorescence X (XRF) et la spectroscopie proche infrarouge (NIRS). « Utilisés en laboratoire, ces systèmes ont prouvé leur capacité à distinguer bois natifs et adjuvantés sans interférence de l’essence considérée. Dans ces conditions, les modèles développés sont capables de sélectionner des matériaux utilisables par les industriels », se félicite Michaël Lecourt.
Couplage de hautes technologies
L’approche en laboratoire s’avère donc opérationnelle sur des déchets bois réels. « Tous les verrous technologiques ont été levés », confirme Michaël Lecourt. Ces résultats, qui valident la combinaison rayons X, NIRS et analyses statistiques avancées, fournissent une base solide pour la montée en maturité des phases suivantes du projet. Et elles ne seront pas moins ambitieuses que la première : il s’agira de transposer ces méthodes de tri dans l’univers industriel où les conditions thermiques, hydriques et d’empoussièrement diffèrent grandement de celles d’un laboratoire. « C’est tout le challenge de la prochaine phase du projet : adapter des technologies sensibles à la moindre variation environnementale à l’univers d’un centre de tri ou d’une déchetterie », rappelle Michaël Lecourt. Producteurs de déchets et industriels devront patienter le temps nécessaire avant l’arrivée sur le marché d’appareils de tri directement issus du projet Identidech.
