Obligation réglementaire, l’identification des grumes rencontre des obstacles techniques. Ils devraient être levés grâce aux expérimentations coordonnées par l’Office national des forêts (ONF).
La traçabilité des bois ronds est devenue une nécessité pour les différents maillons de la chaîne de valeur du bois. Entré en vigueur en juin 2023, le Règlement européen contre la déforestation et la dégradation des forêts (RDUE) impose la géolocalisation exacte et la déclaration, d’origine, depuis la parcelle de production des bois mis sur le marché dans les pays de l’Union européenne. Voie royale d’accès aux ventes de chêne organisées par l’Office national des forêts, le label « Transformation UE » impose que chaque grume de chêne soit dotée d’un numéro unique et suivie de son abattage à sa transformation.
DÉVELOPPER UN MARQUAGE ROBUSTE ET LISIBLE
Donner une identité à chaque pièce depuis la place de dépôt en forêt et la retrouver dans le bordereau de cubage détaillé de la scierie apporte de la transparence et permet des gains de productivité en réduisant les multiples cubages. Reste à mettre en place un système d’identification efficace, sûr et peu couteux. C’est tout l’enjeu du programme « Traçabilité bois ronds 2D » qui vise à développer un système de marquage physique des grumes grâce à des plaquettes, papetières ou en plastiques, équipées d’un code en deux dimensions (2D), couplé à un dispositif de lecture automatique en scierie. Rapidement, les partenaires du projet se sont orientés vers un système de plaquette, d’environ 40 millimètres de côté, dotée d’un code matriciel. « L’un des enjeux a été de mettre au point un codage standardisé qui permette d’identifier le fournisseur de bois et sa zone de production sans possibilité de doublon », explique Christophe Ginet, chargé de mission Transition numérique à l’Office national des forêts (ONF). Pour fluidifier ce process, l’ONF s’est rapproché de GS1, organisation internationale spécialisée dans le développement de standards qui a permis aux entreprises d’identifier, de structurer et de partager leurs données de traçabilité.
SYSTÈME DE LECTURE À INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
Une autre difficulté était de faire en sorte que le code soit compréhensible par des lecteurs dans des conditions dégradées. « Les systèmes de lecture optique et de décodage que nous avons testés, qui utilisent des intelligences artificielles, comprennent et interprètent le code d’une plaquette endommagée jusqu’à un quart de sa surface », se félicite Christophe Ginet. Pour qualifier ces lecteurs, plusieurs scieries ont accepté d’en équiper leur convoyeur. Chacun d’entre eux étaient dotés d’un système de lecture optique SR-X300 qui intègre un triple système d’éclairage autonome. Efficaces jusqu’à 80 centimètres de distance, ces appareils doivent être correctement positionnés pour optimiser leurs performances. « Pour le moment, nous obtenons un taux de bonne lecture de la plaquette proche de 90 %. Sur ce terrain, aucune technologie ne peut aujourd’hui prétendre atteindre les 100 %, sauf à exploiter la technologie des empreintes numériques comme dans le projet Biomtrace », rappelle Christophe Ginet. Les résultats définitifs de ces expérimentations devraient être présentés à la fin du premier trimestre 2027.
