Implanté en Bourgogne, SRC Groupe (Scieries Réunies du Chalonnais et SRC Parquet) maîtrise la première et la seconde transformation du chêne. Sa directrice générale, Marion Juillot, perpétue la tradition familiale en tandem avec son frère Grégoire, président du groupe, en développant principalement l’activité parquet.
LA SOCIÉTÉ SRC A ÉTÉ FONDÉE À GIVRY PAR VOTRE GRAND-PÈRE DANS LES ANNÉES 1960. ÉTAIT-CE POUR VOUS UNE ÉVIDENCE DE REJOINDRE L’ENTREPRISE FAMILIALE ?
Pas du tout. Mon arrivée dans l’entreprise familiale ne relevait pas d’un projet de carrière mûrement réfléchi. Après des études en gestion administrative et commerciale, complétées par une licence en management, j’ai débuté ma vie professionnelle dans un grand groupe de transport et de logistique. Pendant quatre ans, j’y ai occupé un poste créé spécifiquement pour gérer un client stratégique et l’ensemble de ses flux de transport. Cette expérience a été particulièrement formatrice : elle m’a permis de développer des compétences en gestion de projet, en organisation et en relation client dans un environnement exigeant. Au fil du temps, j’ai toutefois ressenti le besoin de me rapprocher du terrain et des clients. En 2009, une opportunité s’est présentée au sein de notre scierie qui recherchait un commercial itinérant pour son activité de seconde transformation dans le sud de la France. J’ai saisi cette occasion et intégré le groupe familial. Progressivement, mes responsabilités se sont élargies.
DIRIEZ-VOUS QU’EN TANT QUE FEMME, VOUS AVEZ DÛ RELEVER DES DÉFIS PARTICULIERS ?
Pas spécialement. Nos métiers restent majoritairement masculins, mais les choses évoluent progressivement. Pour ma part, je n’ai pas rencontré de difficultés spécifiques liées au fait d’être une femme. Mon positionnement au sein de l’entreprise s’est construit naturellement, aussi bien auprès des équipes que de nos clients et partenaires. Ce qui compte avant tout, ce sont les compétences, l’engagement et la capacité à fédérer autour d’un projet.
CONSTATEZ-VOUS DANS VOTRE ENTREPRISE UNE ÉVOLUTION DES MÉTIERS QUE L’ON AURAIT AUTREFOIS QUALIFIÉS DE MASCULINS ?
Oui et je m’en réjouis. Nous observons une féminisation progressive de certains postes historiquement occupés par des hommes. À la scierie, par exemple, une femme occupe depuis deux ans un poste stratégique de mesureuse de plots, directement lié à la préparation des commandes clients. Nous avons également recruté une ingénieure pour piloter le développement d’un nouveau projet en lien avec l’énergie.
J’aimerais voir davantage de femmes rejoindre nos métiers industriels et de la filière forêt-bois. Malheureusement, nous recevons encore relativement peu de candidatures féminines. Pourtant, ces professions offrent aujourd’hui de nombreuses opportunités, et les compétences recherchées ne sont en rien réservées à un genre en particulier.
QUELS SONT LES PRINCIPAUX PROJETS QUE VOUS AVEZ MENÉS AU SEIN DE L’ENTREPRISE ?
Je me suis particulièrement investie dans le développement de l’activité parquet, qui avait été créée par mon père au début des années 2000. Lorsque j’ai rejoint l’entreprise en 2009, l’offre se limitait essentiellement à un produit : le parquet massif en chêne. Nos marchés étaient principalement situés en Belgique et en Allemagne, tandis que notre présence en France et dans le reste de l’Europe restait marginale. J’ai souhaité apporter une approche davantage orientée marché, développement produits et marketing. Nous avons structuré de véritables gammes, enrichi notre offre et développé de nouvelles lignes de productions pour répondre à la demande.
QUELS SONT LES PRINCIPAUX DÉFIS QUI VOUS ATTENDENT DANS LES ANNÉES À VENIR ? Notre ambition est de poursuivre notre montée en gamme et notre développement. Cela passe par de nouveaux investissements industriels, la création de finitions innovantes, l’élargissement permanent de nos collections et notre capacité à répondre aux attentes des architectes, décorateurs et prescripteurs. Le développement de SRC Parquet reste étroitement lié à celui de la scierie, qui l’approvisionne en matière première.
Cette complémentarité constitue l’une de nos principales forces. Par ailleurs, nous venons de franchir une étape importante avec la création de notre activité énergétique et l’installation d’une unité de cogénération biomasse. Ce projet s’inscrit pleinement dans notre démarche de valorisation intégrale de la ressource bois.
Les sous-produits générés par nos activités alimenteront désormais nos processus de production en énergie renouvelable. C’est l’aboutissement d’une logique vertueuse où chaque partie de l’arbre trouve son utilité, jusqu’au moindre copeau.
