Le débat sur la forêt mérite mieux que des méthodes clandestines - France Bois Forêt

Le débat sur la forêt mérite mieux que des méthodes clandestines

Anne Duisabeau, présidente de France Bois Forêt, 2 juillet 2026

La filière forêt – bois n’a jamais refusé le débat. Elle échange quotidiennement avec les associations de protection de la nature, les scientifiques, les collectivités et les pouvoirs publics. Mais ce dialogue suppose une condition essentielle : la confiance. Celle-ci ne peut s’accommoder de méthodes clandestines ou de pratiques qui entretiennent la défiance entre les acteurs.

Selon les informations publiées par Le Point, l’association Canopée, agréée au titre de l’article L. 141-3 du code de l’environnement comme association de protection de l’environnement et habilitée à participer au débat sur l’environnement au sein de certaines instances consultatives nationales, aurait acquis plusieurs boîtiers de géolocalisation, dont au moins deux auraient été retrouvés sur des engins forestiers. Ces révélations appellent des explications claires et toute la transparence nécessaire.

Une enquête judiciaire a été ouverte à ce sujet par le parquet de Limoges du chef de participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni d’au moins 5 ans d’emprisonnement, avant d’être classée sans suite. L’enquête judiciaire n’a pas permis d’établir un lien entre ces balises et les dégradations d’engins forestiers. Ce classement ne répond toutefois pas à une autre question : celle de la légitimité du recours à des dispositifs de géolocalisation clandestins visant des femmes et des hommes exerçant leur activité dans le respect du droit.

Depuis plusieurs années, les professionnels de la forêt sont confrontés à une montée des tensions : dégradations d’engins, câbles sectionnés, intrusions sur les chantiers, intimidations ou menaces. Dans un tel contexte, la découverte de dispositifs de géolocalisation clandestins ne peut être regardée comme un simple incident. Elle contribue à nourrir un climat de défiance qui fragilise le dialogue entre les acteurs et rend plus difficile encore l’adaptation de nos forêts au changement climatique.

Les méthodes employées dans le débat environnemental doivent être cohérentes avec les valeurs de transparence, de dialogue et de respect mutuel que chacun appelle de ses vœux.

Les femmes et les hommes que nous représentons travaillent chaque jour pour entretenir les forêts, les protéger des incendies et des crises sanitaires, les adapter au changement climatique et fournir un matériau indispensable à la décarbonation de notre économie. Ils ont droit, comme tout professionnel, au respect de leur travail et de leur intégrité.

Les désaccords sont légitimes. Les méthodes employées pour les exprimer doivent l’être tout autant. La transition écologique nécessite un débat exigeant. Elle n’autorise ni l’intimidation, ni les pratiques clandestines. L’urgence climatique appelle davantage de confiance entre les acteurs, non davantage de défiance.

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