L’ONF évalue des dispositifs de protection individuelle des plants afin de remplacer les plastiques utilisés actuellement. L’objectif final de ce projet nommé PICO2Bio est de réduire les dégâts des ongulés tout en protégeant les sols forestiers.
Face au changement climatique, la plantation d’arbres est plus stratégique que jamais. Or, les jeunes pousses sont particulièrement vulnérables, et nécessitent notamment une protection contre les dégâts des ongulés. L’ONF estime en effet que la moitié des forêts domaniales métropolitaines abritent un trop grand nombre de cerfs, de chevreuils, de biches et de sangliers. En hiver, ces animaux se nourrissent de plants et réduisent en conséquence les chances de succès de nouvelles plantations et de régénération naturelle.
INCONVÉNIENTS DES SOLUTIONS CONVENTIONNELLES
Les solutions de protection classiques, comme la pose de clôtures, ne sont plus adaptées. « Pour protéger toutes les plantations en cours, il faudrait en poser des kilomètres, ce qui est coûteux. Par ailleurs, de tels obstacles sont de moins en moins acceptés par le public », explique Vincent Boulanger, chargé de recherche et développement (R&D), spécialisé en renouvellement des peuplements forestiers à l’ONF. Reste la protection individuelle, mais elle est, elle aussi, coûteuse et non dénuée d’inconvénients. « Pour le moment, les modèles les plus utilisés sont en plastique. Si cette matière se maintient pendant les cinq à dix ans qu’elle reste autour des plants et se dégrade lentement, elle peut occasionner aussi, localement, une pollution par microplastiques », déplore notre interlocuteur, également responsable du pôle Recherche, Développement et Innovation de la direction technique Seine Nord de l’établissement public.
VERS DES PRODUITS ALTERNATIFS
Ainsi un programme de recensement des systèmes de protection individuelle en matériaux biosourcés ou biodégradables a été engagé. Dans un premier temps, les parties prenantes au projet PICO2Bio ont identifié les produits sur le marché qui répondaient au cahier des charges. La base de données du projet en recense une trentaine. « Il a fallu les caractériser d’après les descriptions des fabricants car tous n’ont pas les mêmes qualités. Certains sont biodégradables mais contiennent des résines plastiques recyclées. D’autres sont biosourcés mais pas forcément biodégradables. D’autres encore sont compostables, in situ ou en déchetterie », souligne Vincent Boulanger.
Au vu de ces premiers recensements, les forestiers ont présélectionné une dizaine de modèles compostables et/ou biodégradables. La liste a été établie sur la base de la représentativité des types de solutions, d’un nombre varié de matériaux, et de la disponibilité chez les producteurs. Tous les modèles retenus seront mis en œuvre en forêt. Un protocole de suivi a été développé à partir des standards d’évaluation de l’efficacité des protections individuelles déjà éprouvés dans un précédent projet de R&D, adapté pour intégrer la dégradation des matériaux dans le temps. Plusieurs chantiers forestiers, aux essences différentes (chêne sessile, pin maritime), seront ainsi équipés cette année et l’an prochain.
Si les résultats tout définitifs de cette expérimentation sont attendus d’ici trois ans, un catalogue qui recense les solutions retenues existe déjà. Sa mise en ligne est prévue dans le courant de l’année sur le site internet de l’ONF (onf.fr) et de RenFor, pôle de l’INRAE (renfor.hub.inrae.fr).
