L’Institut technologique FCBA a réalisé une étude relative à l’influence des produits de préservation sur la réaction au feu des revêtements bois. Compte-rendu.
L’acte délégué de la Commission européenne, relatif aux conditions de classification sans essai des lambris et bardages en bois massif et leur réaction au feu, est entré en vigueur en août 2024. Il exclut du champ du classement conventionnel tous les bardages et lambris ayant fait l’objet d’un traitement, quel qu’il soit, à l’exception du séchage. Cela signifie que ces bardages et lambris, s’ils ont bénéficié d’un autre type de traitement que le séchage, pourraient, sans justification de leur comportement en réaction au feu, voir questionnée, même interdite, leur utilisation en façade. C’est dans ce contexte que le comité de pilotage de l’étude Réaction au feu des bardages bois a décidé de réaliser un programme d’essais afin de déterminer s’il était possible d’intégrer à cette liste les revêtements traités selon les pratiques françaises.
CHOIX DE PRODUITS ET MÉTHODES D’ESSAIS
Afin d’évaluer l’impact des traitements de préservation sur le classement en réaction au feu des bardages en bois, quatre essences résineuses très utilisées en bardages et différentes du point de vue de l’imprégnabilité et de la masse volumique, ont été sélectionnées : pin sylvestre, douglas, épicéa et mélèze.
Des profils de lames ont été sélectionnés dans l’objectif de constituer un lot de différents types de revêtements. Les produits retenus sont représentatifs des traitements de préservation pour les classes d’emploi 1, 2, 3.1, 3.2 ou 44. Les experts préservation et durabilité de FCBA ont étudié les fiches techniques des produits de préservation répondant à la directive biocide et présents sur le marché européen, puis ont classé ces produits selon leur composition chimique : un produit de préservation en phase aqueuse sans métaux en microémulsion et quatre produits de préservation à base de cuivre et/ou de cuivre granulé.
L’objectif étant d’isoler au maximum l’impact du bois, il est apparu nécessaire de s’écarter dans une certaine mesure des référentiels de mise en œuvre pour les caractérisations réalisées. La démarche expérimentale adoptée a amené à sélectionner des lames de bardage du bois le plus imprégnable – des lames comportant un maximum d’aubier (partie la plus imprégnable du bois) –, de sélectionner un système de préservation avec système de coloration, et d’identifier le procédé de traitement par autoclave susceptible de permettre une absorption optimale du produit. L’étape suivante a consisté à réaliser des caractérisations sur les systèmes traités par les produits de préservation réputés enveloppe5 et mis en œuvre conformément aux référentiels. Le mode de mise en œuvre standard, conforme aux exigences du DTU 41-2, a été choisi pour l’étape d’évaluation par essais de classement. Les maquettes de revêtement ont été constituées par assemblages des lames positionnées horizontalement ou verticalement et vissées sur des tasseaux en bois brut. Le montage a été réalisé avec lame d’air ouverte, contre un substrat classé A2-s1, d0 (type plaque de plâtre standard) conformément à la description de la norme NF EN 13238.
PRINCIPAUX RÉSULTATS OBTENUS…
Une étape dite d’évaluation a été réalisée. Elle vise à fournir un ensemble de rapports de classement ayant vocation à justifier la performance de réaction au feu de la majorité des essences utilisées en bardage (épicéa, douglas, mélèze, pin sylvestre). Étant donné la disparité d’imprégnabilité des essences, il a été convenu de les tester indépendamment. De cette évaluation, il ressort qu’aucun des produits de préservation additivés de leur système de coloration respectif et pour une absorption maximale par le bois ne modifie la performance de réaction au feu des systèmes de bardage traités par rapport aux mêmes systèmes de bardage non traités.
… ET VALORISATION ENVISAGÉE
Grâce à cette étude, l’utilisation de bardages des quatre essences retenues peut être justifiée sur le terrain. Dans un second temps, la présente étude pourrait servir de support technique à une demande de révision de l’acte délégué de la Commission européenne, ainsi qu’à l’élaboration d’une appréciation de laboratoire (APL) sur solutions génériques françaises qui aurait l’avantage de rassembler toutes les justifications existantes en un seul document, et qui pourrait être enrichie de solutions complémentaires dans le futur.
Étude en chiffres
- Partenaires mobilisés : 6 fabricants français de bardages, 4 fabricants européens de produits de préservation, adhérents de la fédération ARBUST.
- 20 systèmes de bardage testés, avec plusieurs répétitions.
- 4 essences de bois étudiées représentatives des bardages en France.
