Le Groupe Coopération forestière (GCF) a expérimenté plusieurs modèles d’exosquelettes dans le but de réduire la pénibilité des travaux forestiers. Efficaces, ces matériels ne se substituent pas pour autant à une politique de prévention des troubles musculo-squelettiques.
Les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont parmi les premiers motifs d’arrêts de travail des professionnels forestiers. Les travaux de plantation en forêt ou de désherbage en pépinière par exemple impliquent d’adopter des postures contraignantes et de répéter des gestes et des efforts musculaires qui peuvent provoquer de violentes douleurs dorsales, des membres ou des articulations.
Face à ces conditions, il fallait identifier des solutions techniques capables de réduire la pénibilité des travaux forestiers, sans mettre de côté les questions de sécurité. Très employés dans de nombreuses professions à risque, les exosquelettes apparaissent comme une option prometteuse. Ces systèmes portatifs offrent un bon compromis entre la mécanisation et le travail manuel. Ils sont ainsi susceptibles d’améliorer la santé au travail et, ce faisant, de renforcer l’attractivité des métiers de la forêt. Reste à évaluer les performances des matériels présents sur le marché, dont la plupart n’ont pas été conçus pour les métiers du secteur forestier.
TESTS SUR LE TERRAIN
En partenariat avec le SNPF et FCBA, le Groupe Coopération forestière a initié un projet ad hoc de deux ans. Le programme de recherche Solex avait pour objectif d’identifier les meilleures « SOLutions ergonomiques pour les opérateurs forestiers et en pépinière grâce aux EXosquelettes ». Dès 2024, les ergonomes de FCBA ont réalisé une veille technique sur une cinquantaine de modèles susceptibles d’être endossés par les forestiers. Trois exosquelettes ont finalement été retenus : Bisko (développé pour les vignerons), Lifesuit et IP19.
À partir de 2025, ces matériels ont été testés in situ par des professionnels volontaires affectés à la plantation et au désherbage. « L’objectif était de tester ces systèmes en pépinière et en forêt pour en évaluer l’efficacité et l’acceptation par les opérateurs », explique Damien François, responsable pôle recherche et développement de la coopérative Forêt d’ici.
Présentés lors d’un webinaire le 18 juin dernier, les premiers résultats de ces expérimentations se révèlent favorables. Les professionnels constatent une baisse des cas de douleurs et une moindre fatigue. Jugés confortables, stables et compatibles avec les gestes du métier, les exosquelettes ont, en règle générale, été bien acceptés. Certains points de vigilance doivent cependant être soulignés. « L’efficacité dépend d’un réglage adapté à l’utilisateur et à la tâche, de l’accompagnement à la prise en main, et d’ajustements possibles selon les situations », indique Damien François.
De plus, l’exosquelette ne supprime pas les contraintes à la source et doit s’inscrire dans une démarche globale de prévention des TMS. S’ils peuvent éviter des dommages, ces matériels ne les guérissent pas. Les opérateurs présentant déjà des douleurs dorsales ou musculaires ne seront pas soulagés par leur utilisation.
