Le bois s’invite aux Jeux olympiques d’hiver

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Lancée officiellement en février 2026, la mission France Bois 2030 a pour ambition de maximiser l’utilisation du bois dans la réalisation des ouvrages olympiques et les aménagements liés aux Jeux olympiques et paralympiques des Alpes françaises en 2030. Entretien avec Olivier Gaujard, son chef de projet. 

Visite du chantier du centre aquatique de Saint-Denis (93) dans le cadre de France Bois 2024. Architectes : Ateliers 2/3/4 et VenhoevenCS. Photo : France Bois 2024

Est-ce que l’expérience des JOP Paris 2024 a donné à la filière forêt-bois des arguments pour renforcer son rôle dans la préparation des infrastructures pour les JO d’hiver 2030 ? 

Absolument ! D’autant plus qu’elle a été couronnée de succès. Ce retour d’expérience a été compilé dans l’ouvrage 2024 Le bois sur le podium pour décarboner la construction, rédigé par France Bois 2024, que nous avons pu diffuser auprès du Cojop et de la Solideo pour montrer ce qui avait été fait. Nos interlocuteurs dans ces instances n’étaient donc pas surpris du lancement de France Bois 2030. Nous sommes d’ailleurs la seule filière professionnelle qui a contribué à la rédaction de la feuille de route environnementale des JOP Alpes françaises.

Comment la mission France Bois 2030 entend-elle faciliter la réalisation des ouvrages olympiques en bois ?

Il faut anticiper les problématiques qui peuvent apparaître au fur et à mesure que sont décidés les ouvrages olympiques. Ainsi, par exemple, plusieurs ponts et passerelles sont prévus sur différents sites. Nous avons proposé qu’ils soient construits en bois en fournissant à la Solideo des exemples déjà réalisés qui lui servent de références auprès des différentes maîtrises d’ouvrage souvent communales ou de communautés de communes. Il se trouve que certains élus avaient des doutes sur la durabilité à long terme de tels ouvrages. Le comité technique de France Bois 2030, dans lequel on retrouve le CSTB, FCBA, l’Agence Qualité Construction ainsi que toutes les organisations professionnelles de la filière, va apporter des éléments complémentaires au dossier pour expliquer que les ponts en bois, comme tous les ouvrages d’art, sont conçus pour une durée de vie attendue de plus de 100 ans. Nous allons procéder de la même façon avec les dossiers sur les gares de téléphériques en haute montagne ou les parkings silos aériens. Le travail sur les prix pratiqués en 2024 et 2025, réalisé par Fibois France et publié en début d’année, permet de montrer que la construction bois n’est pas plus chère qu’un autre mode constructif à condition de choisir des équipes de maîtrise d’œuvre habituées à construire avec ce matériau. Côté approvisionnements, nous avons démontré à nos interlocuteurs que les capacités de production de sciages et de transformation en France étaient très largement supérieures aux besoins. Nous pourrons ainsi répondre aux objectifs inscrits dans la feuille de route environnementale : au moins 60 % des bois dont la traçabilité est garantie par une certification. Nous sommes aussi en train d’identifier des entreprises particulièrement innovantes de notre filière pour les promouvoir auprès du fonds innovation et écologie de la Solideo, qui est doté de 24 millions d’euros.

Éléments préfabriqués destinés au projet France Bois 2024. Photo : France Bois 2024 
Immeuble de logements du projet Universeine d’aménagement et de requalification d’une friche industrielle ; Village des athlètes à Saint-Denis (France Bois 2024). Photo : France Bois 2024 

Quid des contraintes climatiques et environnementales posées par les territoires alpins ?  

Dans les Alpes, les chantiers s’arrêtent en général fin novembre et reprennent courant avril. Pour raccourcir ces arrêts, il faut trouver des solutions qui permettent de travailler en se mettant à l’abri des intempéries, comme les parapluies de chantier par exemple. La filière bois s’est déjà saisie de ce sujet qui sera étudié par le comité technique de France Bois 2030. Ainsi, on pourra envisager de commencer plus tôt au printemps et de finir plus tard en automne, ce qui apporte des assurances sur la tenue des délais, une priorité pour la Solideo. Nous sommes aussi confrontés aux contraintes sismiques, ce qui n’était pas le cas pour les JOP Paris 2024. Il faut démontrer que le choix du bois ne représente aucun risque sur ce plan, ni quant à la tenue des délais ou la maîtrise des coûts, mais qu’il apporte même un avantage indéniable en termes de bilan carbone.

Dans quels types d’ouvrages le bois pourrait-il être présent ?

Outre les équipements déjà mentionnés comme les ponts, les parkings ou les gares de téléphérique, le bois est adapté bien sûr à la construction neuve et à la réhabilitation des bâtiments. Pour la construction neuve, il s’agit notamment des immeubles multi-étages dans le cadre des projets des villages olympiques de Saint-Jean-de-Sixt en Haute-Savoie et de Lyon. À Briançon, c’est la réhabilitation du fort des Têtes, imaginé par Vauban au 18e siècle, et sa transformation en logements du 21e siècle qui serait une excellente opportunité pour démontrer les capacités offertes par des modules préfabriqués en bois. Idem pour l’ancienne usine de la Schappe dont il ne reste que quatre murs classés au titre des monuments historiques. Les projets se présentent progressivement, et nous sommes prêts à saisir toutes les opportunités pour le bois.

Doc. : Éditions des Halles-France Bois 2024
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