Faciliter l’ébranchage des peupliers

Posted Posted in La Lettre B

La plantation des peupliers a un impératif : ébrancher ses tiges afin de pouvoir les mettre en terre. Or, couper les branches des plants est un travail encore manuel à ce jour, à la fois particulièrement pénible et exigeant en termes de précision. À la suite d’une étude de faisabilité réalisée en 2023, le Conseil national du peuplier (CNP) travaille sur la faisabilité d’une machine qui faciliterait cette opération.

Plants avant récolte et ébranchage. Photos : Emmanuel Naudin/CNP

Depuis plusieurs années, les professionnels de la filière réfléchissent aux moyens de mécaniser l’ébranchage. Dans le cadre d’un précédent programme, le CNP avait mené l’enquête auprès des pépiniéristes. Objectif : recueillir suffisamment de souhaits et d’avis techniques pour établir un cahier des charges. « Un AMI a ensuite été lancé auprès des fabricants de machines agricoles et d’industriels capables d’innover », explique Emmanuel Naudin, chargé de mission au Conseil national du peuplier.

UN PREMIER DÉMONSTRATEUR

À la suite de ce travail préliminaire et de cet AMI, l’entreprise retenue a réalisé un démonstrateur, lequel repose sur le couplage d’outils de coupe de précision et d’un système de reconnaissance optique des branches par IA !
« Ce démonstrateur est en cours de finalisation aujourd’hui, précise Emmanuel Naudin, nous sommes en attente des dernières informations techniques, mais la preuve du concept est faite, cela fonctionne, l’ “action démonstrateur“ se termine et est validée. Cela a permis au groupe de travail mis en place par la filière de voir, dans les conditions de laboratoire, quelle serait son applicabilité. » Ce modèle expérimental va également servir à l’industriel machiniste dans la définition de son plan de production qui permettra d’établir un devis pour la fabrication en série d’ébrancheuses. C’est à partir de ces évaluations que le groupe de travail envisagera la suite.
La poursuite de l’action dépendra en effet de l’appréciation par la filière et, en particulier, les pépiniéristes producteurs de plants de peuplier, selon un ensemble de critères techniques, économiques et sociaux : performances et coût du nouvel outil, volonté des pépiniéristes de s’en équiper.

Plant de peuplier qui vient d’être ébranché : coupe au plus proche du tronc ; respect du bourrelet cicatriciel.
Base de plants : on remarque la qualité d’ébranchage avant commercialisation.
Plançons prêts pour leur commercialisation.

PRÉCISION ET ENDURANCE SOUVENT INSOUPÇONNÉES

Cette machine aiderait les professionnels à mener à bien une tâche délicate et, jusqu’alors, longue et répétitive. « Le plant doit être totalement débarrassé de ses branches pour être commercialisé comme plançon », confirme Emmanuel Naudin, chargé de mission au Conseil national du peuplier, c’est une nécessité pour sa bonne plantation.

Afin de commercialiser ses plants, le pépiniériste doit donc supprimer les rameaux de la tige, laquelle atteint une longueur de plusieurs mètres.

« Un plant peut comporter jusqu’à une soixantaine de branches. Et même si la taille se fait au sécateur électrique, l’opération peut s’avérer pénible pour les professionnels », ajoute Emmanuel Naudin. C’est une difficulté qui ne facilite pas le recrutement chez les pépiniéristes. Ce travail de suppression des pousses latérales de la tige requiert aussi une grande précision car l’écorce des jeunes plants est fragile et le bois des plus tendres. De plus, la coupe doit respecter le bourrelet cicatriciel : « Cette tâche exige une précision de deux à trois millimètres, ce qui n’existe nulle part ailleurs en sylviculture », souligne Emmanuel Naudin. Cette contrainte spécifique interdit donc de recourir à des systèmes mécaniques classiques. 

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