France Bois Forêt et le CODIFAB collaborent afin de fusionner deux outils déjà en place dans le but d’améliorer la lecture des dynamiques économiques et environnementales de la filière forêt-bois. Grâce à cette approche consolidée, les décideurs publics et privés pourront s’appuyer sur des données fiables
et structurées pour orienter leurs choix et leurs actions.
Depuis la fin de l’année dernière, afin de disposer d’un outil unique de pilotage stratégique facilitant la compréhension des flux économiques et physiques de la filière, France Bois Forêt et le CODIFAB travaillent à la mise en cohérence de deux dispositifs existants : le Tableau Emplois-Ressources (TER) en valeur, issu de la Veille économique mutualisée (VEM), et le modèle de flux physiques de la filière, développé par Carbone 4. Ce nouveau dispositif constituera un appui solide à la prise de décision des acteurs publics et privés.
DÉMARRAGE DU PROJET
À la suite d’un appel d’offres, le consortium composé de Carbone 4, FCBA et Terriflux a été retenu pour conduire cette mission. Les travaux ont démarré en janvier dernier par des entretiens avec plusieurs organisations professionnelles de la filière ainsi qu’avec des experts, afin de mieux cerner les besoins et de préciser les fonctionnalités attendues du futur outil. Le comité de pilotage, composé des représentants de France Bois Forêt et du CODIFAB, assure le suivi opérationnel de la mission et les échanges réguliers avec le consortium. La première phase des travaux consiste à recenser les données disponibles ainsi que les différentes options de convergence entre les deux modèles pour cartographier l’existant. Elle comprend notamment la réalisation d’un inventaire des correspondances structurelles entre la VEM et le modèle développé par Carbone 4, incluant une comparaison des typologies de flux (nature, fréquence, niveau de granularité) et l’identification des liens fonctionnels entre les jeux de données. Cette phase inclut également une réflexion méthodologique visant à définir les modalités de réconciliation entre les données monétaires issues de la VEM et les données physiques issues du modèle de flux. Des entretiens complémentaires avec des experts de la filière pourront être organisés afin d’opérer certains arbitrages méthodologiques.
RÉSULTATS ATTENDUS
Le modèle issu de la convergence des deux outils constituera, à terme, une base de scénarisation permettant d’explorer différents scénarios d’évolution de la filière. Cette capacité de simulation reposera sur l’activation de différents jeux de paramètres modulables. Plusieurs indicateurs ont d’ores et déjà été identifiés pour être intégrés au modèle. Pour la composante économique, il s’agit notamment d’indicateurs relatifs au commerce extérieur, aux performances économiques par marché de destination finale et par activité, ainsi qu’à leur croisement, incluant la valeur ajoutée et l’emploi direct. Pour la dimension carbone, différents indicateurs ont été proposés par marché, type de bois et origine, parmi lesquels l’empreinte carbone, les émissions évitées et le stock de carbone dans les produits bois. L’outil devra être ergonomique pour ses utilisateurs et permettre à la fois une vision agrégée de la filière (structurée autour de cinq grands marchés) et une analyse plus fine reposant sur environ soixante branches d’activité. Cette première étape de préfiguration, qui durera six mois, vise à préciser les besoins, à évaluer la faisabilité des différentes options envisagées et à cadrer les travaux qui seront engagés dans la deuxième phase du projet.
LA DÉMARCHE DE CONVERGENCE
Elle s’appuiera sur les méthodes développées dans le cadre du projet BACC-FIRE porté par l’ADEME, notamment en matière de comparaison structurelle des modèles, d’harmonisation des hypothèses, de mise en correspondance des périmètres et de réconciliation des données. Il est à noter que le modèle convergent produira des résultats différents de ceux obtenus avec les modèles utilisés séparément. Afin de préserver la comparabilité temporelle des analyses, une rétropolation des séries sera réalisée, selon des pratiques comparables à celles mises en œuvre par Eurostat et l’INSEE, consistant à recalculer les séries historiques à partir de la nouvelle méthodologie afin de garantir la cohérence des trajectoires dans le temps.
