Ventes de bois sur pied 2020 : une reprise tout en contraste

Ventes de bois sur pied 2020 : une reprise tout en contraste

Réalisée dans le cadre de l’Observatoire économique de France Bois Forêt, cette huitième synthèse présente l’Indicateur1 2021 du prix de vente des bois sur pied en forêt privée sur l’année 2020. Tendances ? Une légère reprise de l’indice général malgré la crise Covid-19, mais qui s’avère très contrastée. Décryptage.

Couverture de l’indicateur 2021.

Confinements successifs, problématiques d’accès, mesures sanitaires draconiennes… Un contexte pour le moins perturbé qui laissait craindre un impact plus important sur le marché du bois. Pour autant, sa production et son utilisation sont restées dynamiques en 2020, notamment en raison de la hausse des importations de sciages résineux aux États-Unis et en Angleterre. Faibles incidences également sur les ventes de bois sur pied, notamment grâce à la mise en place des ventes informatisées2 testées dès le premier semestre 2020. Sur les 19 ventes de bois sur pied, six se sont tenues entièrement à distance, et sept en salle sur support informatisé.
« Ce mode s’est avéré parfaitement opérationnel sur le second semestre, ce qui a permis de réaliser toutes les ventes », souligne Éric Toppan, coordinateur de l’Observatoire économique de France Bois Forêt.

10 % de hausse pour le Douglas !

Le prix moyen des ventes de bois sur pied, toutes essences confondues, enregistre donc une petite reprise de 2 % en 2020 : 61 €/m3, contre 60 €/m3 en 2019. Reprise que l’on doit aux deux essences majoritaires du panel étudié : à savoir, le chêne qui affiche des cours stables (164 €/m3, contre 163 en 2019), et, surtout, le Douglas « qui atteint des sommets » avec une hausse de 10 %, toutes régions confondues (65 €/m3, contre 59 €/m3 en 2019). « C’est une essence très appréciée pour ses qualités structurelles, sa rectitude, ses grumes de grande longueur, le peu de perte de matière…
En outre, les plantations de l’après-guerre à la fin des années 1990 arrivent progressivement à maturité, soit un volume important qui va monter en puissance d’année en année. C’est vraiment une essence phare dans la forêt privée. » Si les envolées du Douglas sur l’année 2020 profitent à l’ensemble des résineux – hausse de l’indice de 3 %, prix moyen de 45 €/m3 –, les résultats pris essence par essence sont plus mitigés. « Les attaques de scolytes ont été massives en 2020, principalement dans tout le nord-est du pays. Les résineux, mais aussi le hêtre, ont pâti de cette situation financière. » Ainsi en est-il de l’épicéa commun : son prix moyen reste stable avec 36 €/m3, mais à un niveau bas. « Il a été, en définitive, très peu mis en vente par appel d’offres dans cette région, la vente directe ayant été privilégiée pour limiter les pertes. »

Baisse du hêtre, tant au niveau du prix moyen de vente que des volumes mis en marché. Photo : Atlanbois

Le hêtre en souffrance : – 6 %

Autres résineux en berne, les pins maritime et laricio accusent une forte baisse de 10 % pour le premier (38 €/m3, contre 42 €/m3 en 2019), contrecoup de l’utilisation des épicéas récoltés massivement, et de 20 % pour le second (24 €/m3, contre 30 €/m3 en 2019) qui dégringole à son niveau de 2010 ! Quant à l’épicéa de Sitka, la baisse depuis 2018 se confirme – 41 €/m3, contre 47 €/m3 en 2019 et 49 €/m3 en 2018 –, faisant redescendre les cours aux niveaux observés entre 2015 et 2017. Même constat en terme d’offre : 58 000 m3 en 2020, contre 93 000 m3 l’année précédente. Une régression qui touche principalement la Bretagne (moins de 38 000 m3). Les raisons ? La concurrence des bois scolytés venant de l’Est de la France, la faible demande sur l’année précédente et, surtout, l’épuisement de la ressource disponible.

Les seules embellies concernent, d’une part, le sapin pectiné qui gagne 8 %, soit un prix moyen de 43 €/m3, contre 39 €/m3 en 2019 pour un arbre de 1,75 m3 de volume unitaire moyen), d’autre part, le pin sylvestre avec une hausse de 4 % (27 €/m3). Du côté des feuillus, le hêtre souffre également (baisse de 6 %) du fait des dépérissements importants liés à la sécheresse dans l’est de la France et leurs conséquences, à savoir la dégradation de la qualité des bois (bleuissement ; champignons, tel le Nectria ; scolytes). « La demande est donc globalement moins forte qu’avant. Mais on reste sur des prix bas, et c’est un vrai problème pour les forestiers, car ce bois met 80 ans à arriver à maturité. Et à 42 euros le mètre cube, on se doute bien qu’une grande partie de la coupe repart directement dans le réinvestissement. » Quant au peuplier, lui aussi voit son prix moyen de vente fléchir de 4 %, après quatre ans de hausse. Soit 40 €/m3, contre 42 €/m3 en 2019. Cela dit, les volumes vendus en 2020, après la baisse en 2019, retrouvent un niveau comparable à celui des dix dernières années.

1 Indicateur produit par la Société forestière de la Caisse des dépôts, en partenariat avec l’Association des sociétés et groupements fonciers et forestiers (Asffor) et les Experts forestiers de France. Téléchargeable sur le site France Bois Forêt, franceboisforet.fr 2 Projet engagé par Experts forestiers de France et financé par France Bois Forêt.

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