Les premiers chênes de Notre-Dame de Paris 

Les premiers chênes de Notre-Dame de Paris 

La forêt domaniale de Bercé où ont été récoltés les huit premiers chênes dédiés à la reconstruction du tabouret de la flèche de la cathédrale.

La charpente de Notre-Dame de Paris ainsi que son emblématique flèche, détruites dans l’incendie du 15 avril 2019, seront reconstruites à l’identique en chêne. Une ambition devenue réalité grâce à la forte mobilisation de l’ensemble de la filière forêt-bois française, notamment les propriétaires privés et publics et les scieurs qui ont offert les 2 000 arbres nécessaires à cette reconstruction. Première étape, le vendredi 5 mars dernier, en forêt doma­niale de Bercé (Sarthe), avec le marquage des huit premiers chênes (sur 1 000) dédiés à la flèche et aux travées adjacentes. Cet événement s’est déroulé en présence d’élus1, de représentants de la filière forêt-bois2, des Architectes en chef des Monuments historiques et de l’établissement public chargé de la conservation et de la restauration de Notre-Dame de Paris. Un moment à retrouver en vidéo3 (réalisée par l’Office national des forêts).

Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation : « Un moment d’émotion, un moment d’histoire, un moment d’humanité et, surtout, un moment de volonté. »
« Les cathédrales naissent en forêt », Aymeric Albert, chef du département commercial bois à l’Office national des forêts (ONF). Les arbres nécessaires à la résurrection de Notre-Dame représentent moins de 0,2 % de la quantité de chênes récoltés chaque année, en France.

Marquage des premiers arbres, identifiés durant les mois de janvier et février 2021.

Ces vieux chênes sont d’une qualité et de dimensions hors normes : 1 m de diamètre, 20 m de hauteur et d’une rectitude parfaite. « Ils vont ainsi continuer d’écrire l’histoire de France », Aymeric Albert, chef du département commercial bois à l’Office national des forêts (ONF).
« Des chantiers de ce type, il n’y en a qu’un par siècle », Michel Druilhe, ex-président de France Bois Forêt (2018-2021).
Philippe Gourmain, expert forestier : « C’est un vrai projet interprofessionnel, qui devrait nous servir d’exemple pour d’autres opérations dans le futur, même si elles seront plus ordinaires. Les forestiers connaissent bien leur forêt et ont su où trouver les bois sans perdre de temps (…) Cette fois-ci, nous avons démultiplié le système, et chacun a assumé avec brio sa responsabilité dans son périmètre. »
Général d’armée Jean-Louis Georgelin, président de l’établissement public chargé de la conservation et de la restauration de Notre-Dame de Paris : « Ce sont vraiment toutes les provinces de France qui participent à cette cathédrale. » Les 2 000 arbres proviennent en effet de tout l’Hexagone, à parts égales, de forêts publiques et de forêts privées.
Un projet qui met à l’honneur l’excellence forestière en matière de gestion durable, mais aussi toute la maîtrise technique de ces professionnels.
Critère retenu par l’Architecte en chef des Monuments historiques, Rémi Fromont, pour le choix des arbres : un fût très long, une vingtaine de mètres. « L’homme est intervenu pour que ce chêne pousse, soit de la bonne dimension, de la bonne section, en vue d’être abattu un jour pour des pièces absolument remarquables, comme celles que l’on recherche aujourd’hui. »
Ces coupes permettent à une nouvelle génération de forêt de se développer.