Le bois, le matériau du bien-être

Le bois, le matériau du bien-être

Diminution du stress et sensation d’apaisement. Tels sont, dans les grandes lignes, les effets physiologiques du bois observés sur les individus lors de l’étude City Zen Wood. Un programme conduit par l’Institut technologique FCBA1 et financé par France Bois Forêt et le Codifab2 , qui a permis, entre autres, de valider des protocoles reproductibles.

Agréable, confortable, sain, naturel, sec, tels sont les adjectifs utilisés le plus souvent pour qualifier le bois. Photos : FCBA

La filière forêt-bois a mené diverses enquêtes sur le ressenti des usagers vis-à-vis du bois. D’aucuns associent ce matériau à la notion de confort et de bien-être, lui prêtant une dimension chaleureuse et saine. Des appréciations subjectives que « l’étude City Zen Wood s’est attachée à objectiver sur la base de méthodologies d’évaluation validées », résume Sylvain Boulet, ingénieur de recherche hygrothermique et confort à FCBA. C’est en partenariat étroit avec le laboratoire Toshiharu Ikaga3, précurseur en la matière, que les protocoles ont été élaborés. « Les chercheurs japonais nous ont aidés à adapter leurs propres protocoles à la culture française. » En fait, il s’agissait d’analyser les effets de quatre matériaux (bois, PVC, béton et aluminium) sur la stimulation de certains sens – toucher (main et pied), vue et odorat –, en mesurant les réponses physiologiques en termes de stress et d’apaisement. L’étude a été menée sur huit hommes(25 à 35 ans), « le panel suffisant pour obtenir une donnée statistique fiable ». Sept matériaux (échantillons de 30 x 30 cm) ont été testés : quatre essences de bois massifs rabotés (épicéa, pin, chêne et hêtre), un de béton fibré gris, un d’aluminium lisse, brut et gris, et un de PVC expansé blanc. Chaque session de tests concernait un matériau donné, avec sollicitation des trois sens.

Méthodologies validées

Les données étudiées sont la tension artérielle, la fréquence cardiaque et sa variabilité (variabilité des intervalles entre deux contractions)… « Ce sont des indicateurs que l’on peut directement rapprocher de l’état de stress et d’apaisement. » Les observations réalisées portent, primo, sur la différence entre l’état de référence – pas de sollicitation sensorielle –, et l’état après stimulation ; secundo, la comparaison de cette différence avec celles relevées pour les autres matériaux. À l’issue de chaque session, des questionnaires portaient sur leur appréciation globale et sur une caractérisation de leurs impressions proposée sur la base d’une liste de mots et de leurs antonymes.

Chaque sens sollicité est isolé des autres : par exemple, pour le toucher,
le participant a les yeux bandés et un masque sur le nez. Pour l’odorat : port de gants et masque sur les yeux.

Les résultats attestent de la validité des méthodologies employées. De manière générale, les protocoles ont permis « d’identifier, d’une part, des réponses significativement ou tendanciellement différentes selon le matériau utilisé, d’autre part, une modification significative des constantes physiologiques évaluées entre un état de repos et une stimulation », indique FCBA dans son rapport. Et Sylvain Boulet de préciser : « Les sollicitations sensorielles avec le bois ont généré, dans la plupart des cas, des effets physiologiques positifs (abaissement du rythme cardiaque et de la pression artérielle par exemple), traduisant le passage à un état plus apaisé de l’individu. » Quant aux questionnaires, l’analyse des réponses indique que le bois est apprécié. « Globalement, il était toujours mieux noté que les autres matériaux retenus dans l’étude. »

Deux prolongements de l’étude sont envisagés. Le premier traiterait de la qualité de vie au travail selon que l’environnement contient du bois ou pas. « Les huit participants seront placés pendant deux jours, en situation de travail, dans un bureau sans bois, puis deux autres jours dans ce même lieu réaménagé avec du bois. » Le principe reste identique : mesures des composantes physiologiques, questionnaires, puis analyse. Le second consiste à étudier les effets du sommeil, selon le même scénario. À savoir dormir dans un studio aménagé sans bois, puis avec du bois, des capteurs analysant le cycle du sommeil, notamment la durée du sommeil profond.  « Aujourd’hui, l’idée est de monter en compétences et de mettre en œuvre ces protocoles dans un laboratoire dédié à ce genre d’étude, avec un échantillon plus large d’individus. »

1 Institut technologique Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement (FCBA). 2 Codifab (Comité professionnel de développement des industries françaises de l’ameublement et du bois). 3 Faculté de sciences et technologies de l’université de Keio, Japon.

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