Habiter la France de demain : le bois s’impose

Habiter la France de demain : le bois s’impose

Relancer la construction durable de logements neufs1 est l’objectif visé par le programme « Habiter la France de demain », mis en place par le gouvernement dans le cadre du plan France Relance. Le concept de la « ville durable » ambitionne notamment le recours aux matériaux de construction biosourcés.

La Ferme du Rail, à Paris (19e arr.), lauréate de l’appel à projets urbains
innovants « Réinventer Paris » lancé en 2015.
Photo : Myr Muratet

Le ralentissement de la production de logements neufs est une des conséquences de la crise sanitaire. Les chiffres de la construction (permis de construire, mises en vente et commercialisation) sont très parlants : 384 000 logements ont été autorisés entre février 2020 et février 2021, contre 457 000 l’année précédente sur la même période. Ce sont surtout les logements collectifs en zones tendues qui semblent connaître une crise structurelle, alors qu’ils sont indispensables pour répondre aux besoins actuels. Pour accompagner ces projets de construction durable, le plan France Relance consacre près d’un milliard d’euros à ces démarches, autour de quatre défis : sobriété, résilience, inclusion et production urbaine.

Préparer le terrain

Dans l’aménagement durable des territoires, la reconversion de friches figure parmi les solutions proposées pour répondre aux objectifs de maîtrise de l’étalement urbain, de revitalisation urbaine et, par conséquent, de consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers. La mobilisation de cet important gisement foncier va favoriser la trajectoire du « zéro artificialisation nette » fixée par le gouvernement et inscrite dans la loi
Climat et Résilience, promulguée et publiée au JO le 24 août dernier. Et la réutilisation de friches occasionnant souvent des surcoûts, notamment liés à la dépollution, l’État déploie un fonds de 650 M€ sur 2021-2022 pour financer les opérations de recyclage.

Le renforcement de l’outil industriel de première et seconde transformation du bois figure parmi les mesures du plan « Habiter la France de demain ». Photo : Piveteaubois

Encourager des solutions innovantes

La réglementation environnementale 2020 (RE 2020), qui entre en vigueur le 1er janvier 2022, joue en faveur du bois. Le recours à ce matériau dans la construction fait donc partie des actions mises en place par le gouvernement, afin de favoriser le stockage de carbone à plus grande échelle et de préserver les ressources naturelles. C’est l’axe 2 de la stratégie nationale d’innovation « Agir sur le bâti pour la sobriété en énergie et en ressources »2. Il s’agit d’accompagner l’usage de matériaux biosourcés et géosourcés issus de ressources françaises. En pratique, la mesure vise à valoriser la ressource forestière (dont feuillus, bois scolytés ou très gros bois) et à la renouveler, à renforcer l’outil industriel de première et seconde transformation du bois, à développer les filières des autres matériaux biosourcés (paille, lin, chanvre)…

Et les attentes des industriels sont au rendez-vous. L’appel à manifestation d’intérêt (AMI)3 du Plan de relance « Industrialisation de produits et systèmes constructifs bois », ouvert en avril dernier, a généré plus de 800 millions d’euros de demandes de financement pour seulement 65 dossiers. L’appel à projets éponyme qui s’est ensuivi est opéré par l’Ademe4 et est doté de 50 millions d’euros. Il a pour ambition de « soutenir la construction de bâtiments avec des produits bois issus de la forêt française pour les besoins du gros œuvre et du second œuvre ».  En juillet dernier, le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé, lors de la visite de la scierie Piveteaubois en Vendée, que, dans le cadre du Plan de relance, la filière bois bénéficiera d’une enveloppe supplémentaire de 100 millions d’euros5 qui viendront s’ajouter aux 200 millions d’euros déjà prévus – 150 millions sont dévolus au renouvellement forestier en amont, et 50 millions à la modernisation des industries de transformation du bois en aval. Un coup de pouce appréciable, alors que le marché mondial du bois connaît de fortes tensions.

Quelle ville pour demain ? L’appel à manifestation d’intérêt (AMI) « Démonstrateurs de la ville durable »1, doté de 300 M€, vise la création d’un réseau national de démonstrateurs à l’échelle d’îlots ou de quartiers, illustrant la diversité des enjeux de transition écologique. Ce programme, dont les réponses sont prévues en trois vagues (septembre 2021, novembre 2021 et premier trimestre 2022), mobilisera plusieurs intervenants : collectivités locales, chercheurs, urbanistes, économistes, sociologues, industriels, associations et populations. Le but ? Mettre en œuvre les moyens nécessaires pour « (ré)inventer la ville et proposer de nouvelles voies permettant de reconstruire la ville sur la ville ».

1 Dossier de presse « Habiter la France de demain » sur gouvernement.fr/partage/12289-relancer-la-construction-durable-de-logements-dans-les-territoires 2 Voir p. 18 du dossier de presse « Habiter la France de demain ». 3 Consultable sur ecologie.gouv.fr/filiere-bois-construction. Lancement le 14 avril 2021, par Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Emmanuelle Wargon, ministre déléguée auprès du ministère de la Transition écologique chargée du Logement, et Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, chargée de l’Industrie. 4 Voir encadré. 5 Voir Communiqué de presse,
dans ce même numéro, pp. 26, 27.

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