Quand un plastique australien est préféré à un bois français…

palettesA l’occasion du salon de l’emballage, qui se tient du 17 au 21 novembre 2014, les représentants de la filière forêt-bois s’interrogent sur la pertinence de décisions prises par la grande distribution, d’imposer à ses fournisseurs des bacs 100 % plastiques.

Paris, le 13 novembre 2014 – A l’heure où les entreprises françaises font de plus en plus le choix d’une gestion durable, un nouvel acteur de la grande distribution fait le choix d’imposer à ses fournisseurs des bacs 100 % plastiques, au détriment de l’emballage bois français. « Préférer le plastique d’une société australienne alors qu’une filière française performante existe et ce au moment du débat sur la transition énergétique et de l’annonce de la ministre de l’Ecologie d’interdire l’utilisation des sacs plastiques, c’est un véritable non- sens ! » s’insurge Luc Charmasson, président de France Bois Industries Entreprises. Une telle décision, au-delà du contresens environnemental et sanitaire qu’elle représente, n’est pas sans conséquence directe pour le secteur de l’emballage léger en bois dont plus de la moitié de la production est destinée au transport des fruits et légumes.

La cagette en bois est fabriquée en France principalement à partir de peupliers, et son circuit économique fonctionne sur la base de circuits courts, implantés à l’échelle territoriale. « La cagette représente 33 % des marchés qui valorisent le peuplier français, issu en grande majorité de parcelles gérées durablement. » rappelle Laurent Denormandie, président de France Bois Forêt qui ajoute « L’amont et l’aval de la filière sont étroitement liés. En fragilisant un marché comme la cagette bois, c’est l’ensemble de la chaîne de transformation qui est touchée, jusqu’à la gestion de la forêt : un véritable effet domino ». Les répercussions d’une telle décision prise par les distributeurs portent donc directement sur l’ensemble de la filière et les emplois qu’elle représente. « Une aberration lorsque l’on sait que la filière de l’emballage léger en bois emploie près de 8 000 salariés, non délocalisables sur toute la chaîne de valeur » insiste Luc Charmasson.

De nombreuses Analyses du Cycle de Vie, ainsi qu’un bilan carbone réalisé par l’ADEME démontrent les avantages de l’utilisation de la cagette bois par comparaison aux bacs en plastique :

  • Stockage du carbone : l’utilisation de la cagette en bois contribue à la bonne gestion de la croissance de la forêt et à son action de puits de carbone,
  • Economie d’énergie fossile pour la fabrication : une tonne de cagettes en bois sortie d’usine représente un impact carbone de 72 kg eq CO2, contre près de 1 000 kg eq CO2 pour une tonne de caisses en plastique,
  • Pas de maintenance alors que les bacs en plastique doivent être envoyés à des centres de lavage distants (quelques plateformes pour toute la France), gros consommateurs d’eau, d’énergie pour la chauffer et de détergents,

– Réutilisation du bois des cagettes en fin de vie (chauffage).

Par ailleurs, l’usage des cagettes en bois présente des atouts essentiels sur un plan sanitaire pour les produits alimentaires transportés par rapport aux bacs plastiques. En effet, le choix de l’emballage bois permet une meilleure préservation, allonge la durée de conservation des produits humides et interrompt la prolifération bactérienne.

Cette décision de la grande distribution remet ainsi en question l’existence même du peuplier en France. La forêt de peuplier français, un feuillu à croissance rapide, est la 3ème forêt au monde. La cagette bois est un des exemples de valorisation de celle-ci. « 70 % de la forêt française est composée de feuillus. C’est notre spécificité comparé aux autres forêts d’Europe, et nous ne le mettons pas suffisamment en avant » rappelle Laurent Denormandie qui prévient « Tout doit être fait pour inverser ces dispositions au plus vite au niveau de la grande distribution ! Sinon, ce sera une richesse de plus qui sera laissée de côté. »

Comble du paradoxe, diverses enseignes utilisent des cagettes en bois dans leurs publicités, conscientes qu’il s’agit du matériau, symbole de nature et de qualité, qui a la préférence des consommateurs !

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